Montréal: Ascendance

Interlude - Raoul Sansregret - 2 février 2002

« Mon Père? »
Dans la crypte secrète de l’église, décorée et vouée au culte de Longinus, Raoul Sansregret se détourne de ses méditations tranquillement. Derrière lui, sur le seuil du portail, se tient son serviteur, le père Bernard, habillé d’un pantalon gris et d’une chemise à col romain. Son crâne sel-et-poivre qui se dégarni lentement n’arrive pas à éclipser ses yeux d’un bleu acier, fixés sur le vampire.
« J’aimerais tout d’abord vous remercier du don de votre précieux sang. Je sais à quel point votre personne est mise à l’épreuve afin de recueillir et resanctifier ce don perdu, et je suis honoré d’être digne de ce divin partage. »
Raoul se suffit de hocher de la tête. Bernard a beaucoup de potentiel. Il connait sa place.

« Je tenais à vous laisser savoir que j’ai obtenu des détails additionnels de ces documents dont M. West nous a partagé le contenu. J’ai continué à les parcourir à temps perdu, et j’ai eu un moment d’illumination suivant une rencontre avec mon évêque. »
– Continuez, Bernard, allez. Qu’avez-vous trouvé? » s’impatiente doucement Raoul.
– Un peu comme dans un évêché, plusieurs organisations sont reliées par des dons issus d’une source centrale. J’ai donc retracé certains montants au travers de sources externes, et j’ai découvert ceci. »
Bernard, hésitant, s’approche du Nosferatu et lui tend un document. Raoul le prend, le parcourt du regard, le dépose. « Qu’avez-vous trouvé, Bernard? » demande Raoul d’une voix nasillarde.
– Des fonds qui disparaissent sont réacheminés à Constant Praetor Services. Le siège social de l’entreprise est le long de l’autoroute transcanadienne.
– La firme de sécurité des agents qu’utilise Adrien O’Mallery, oui. Avez-vous plus d’informations sur celle-ci?
– Cette firme obtient beaucoup de contrats de sécurité du Département de la Défense Nationale. En retour, ces soldats qui se retrouvent sans emploi suivant leur décharge trouvent plus souvent qu’autrement un emploi auprès d’eux.
– Nous savions cela, Bernard » prononce Raoul d’un air irrité.
– Bien sûr. Mais ce que nous ne savions pas est qu’elle obtient secrètement des armements du gouvernement, et que ses employés jugés ‘inactifs’ se chiffrent à près de 600, et cela, uniquement dans la région métropolitaine.

Raoul se retrouve soudainement bouche bée. « Rosarien et Adrien se prépare… une armée? »
– Si l’on prend en ligne de compte les 150 employés actifs sur le terrain… nous pouvons croire que oui. »
– Mais encore?
– Un bon pourcentage de ces employés de réserve n’est pas très… recommandable. Des rejetés de l’armée, des victimes de la Guerre du Golfe, des criminels recyclés ou pardonnés. Ce sont des gens potentiellement dangereux, Maître.
– Et que dire de ces gens qui avaient été ciblés pour infiltrer le Temple? » questionne le Nosferatu.
– Certains apparaissent également dans ces registres contractuels.
– Contactez mes collègues, Bernard. Nous devons les aviser de ceci.

Sans perdre de temps, Raoul remonte les escaliers vers l’église, pour se diriger vers le presbytère. À mi-chemin, un lent et sordide applaudissement se fait entendre d’un banc d’église, à l’avant. Surpris, le Nosferatu se retourne pour découvrir, à son horreur, Adrien O’Mallery assis, les pieds en l’air sur le siège devant lui.

« Bravo, M. Sansregret. Bien joué. Ou devrais-je dire M. Sanscartier? »
– Que voulez-vous dire, Adrien? » questionne Raoul. « Et comment êtes-vous entré ici? »
– Ne m’insultez pas, Raoul. Mon Clan et le vôtre ont bien des choses en commun, notre affinité pour la dissimulation la première. Et ne sous-estimez pas notre différence d’âge. Je pourrais vous surprendre.
– Je n’en doute pas. Mais cela n’explique pas votre présence ici. Dois-je vous rappeler qu’il s’agit de mon Domaine?

Adrien O’Mallery se lève soudainement. Debout au pied de l’autel, il fixe Raoul du regard. L’image du Néonate surplombant l’Ancilla se voit trompeuse.
– Vous m’insultez encore, Raoul. Vous croyez que vous avez ce qu’il faut pour faire respecter ce Domaine? Que le Constable et les Hounds vous protègeront? Faites-moi rire.
– Vous parlez beaucoup mais dites peu, monsieur. Qu’est-ce qui me mérite cet acharnement? Sûrement vous avez autre chose à faire un soir comme celui-ci.
– Oh, mais bien sûr. Je voulais seulement voir si vous mettiez à profit les documents que vous avez obtenus du Nettoyeur Municipal. Votre serviteur a été efficace, de ce que j’ai entendu…
– Que planifiez-vous, Adrien?
– Je veux seulement que vous sachiez que nous vous avons à l’œil. McIntyre est une relique du passé, et les restants de son règne sont appelés à disparaître. Nos rangs grandissent, et comme vous le savez maintenant, nous avons les forces pour mener à bien toute éventualité.
– Et pour faire tuer vos dissidents, comme Sanscartier?
– Croyez-moi lorsque je vous dis que je n’ai jamais souhaité ceci » implore Adrien. « Des circonstances hors de notre contrôle ont menées à ceci. Nous ne voulons aucun mal à nos concitoyens.
– Difficile à croire lorsque vos forces de sécurité attaquent mes amis en plein quartier résidentiel.
– Parce que vous êtes prisés. Ce que vous voyez comme une attaque, ils interprètent comme un levier. Vous vous retrouvez dans une situation unique. Nous aimerions avoir votre allégeance, à vous quatre. Je sais que Rosarien paierait cher pour s’entretenir avec vous.

Raoul, perspicace, saisi une faille dans l’approche d’Adrien. Le manoir investi par les forces de sécurité… L’ordre de retracer le Nettoyeur Municipal… Voler les souvenirs d’Armand… Adrien ne semble pas autant en contrôle des plans de Rosarien qu’il ne semble le laisser paraître. Tentant le tout pour le tout, il s’avance :

« Cela peut s’arranger. Libérez Eugène de sa prison et livrez-le à l’Évêque Ganova, et nous pourrons en rediscuter. »

Impassibles, les deux Kindred passent de longues secondes à se dévisager. Finalement, Adrien O’Mallery prend la parole :
« Je suis désolé, M. Sansregret. Je ne peux pas faire cela. »
– Alors nous n’avons plus rien à nous dire ce soir, je crains » répond Raoul en tournant le dos à son interlocuteur.

Alors que Raoul s’éloigne vers l’accès à son presbytère, Adrien O’Mallery, outré, s’enflamme : « N’avez-vous aucun respect pour ce que nous tentons de faire? Pour votre religion? Pour votre liberté! McIntyre a tenu captif nos Kindred pendant des décennies! Je tente tant bien que mal de réhabiliter Eugène, et vous m’imposez ceci?! Mais qui croyez-vous être?! »

Sans broncher, Raoul répond du revers de la main :
« Bonsoir, M. O’Mallery. Vous savez où est la porte. »

View
Interlud: Armand Brodeur - 17 janvier 2002

La nuit a été longue lorsqu’Armand revient chez lui. Les contacts se font rares après les Fêtes, et il faudra faire bouger ses amis dans la police pour trouver un bon petit magot. Au moins il en a assez dans les poches pour rester à l’abri, mais…

C’est à ce moment qu’il remarque une boîte déposée sur une table d’appoint, juste à côté du vieux fauteuil en cuir défraichi du salon. Armand regarde autour de lui furtivement, sa main agrippant par réflexe le métal froid de son revolver. Personne. Il s’approche et, avec hésitation, ouvre le couvercle de la boîte pour révéler la tête de Jeffrey Gariépy, bouche béante dans un sac de plastique transparent.

Impassible, Armand tend la main et se saisi de la note qui y est rattachée. Du coin de l’œil, il lit :
« …et ta chair meurt parce que tu te fous de tout sauf toi-même. »

Sans trop comprendre, le Gangrel reprend conscience de son environnement et entend le craquement d’une latte de bois dans sa cuisine; toujours la même, celle devant le frigo inutile. Sans hésiter, Armand lève son arme et lance un avertissement au même moment qu’une figure fait irruption. Un coup de feu retentit, l’arme est arrachée de la main d’Armand, et celui-ci se retrouve plaqué contre le mur.

« Pas mal. Tu m’as touché » lui dit Mastif.
– Qu’est-ce que c’est que ça? C’est quoi le rapport?!
– Ça, c’est encore un test que t’as échoué, » lui siffle son Sire.
– Test? De quoi tu parles? C’est quoi ça?
– Il est temps que tu comprennes ta place » prononce Mastif en serrant le cou d’Armand…
– Lâche-moi, prononce Armand, les yeux rivés dans ceux de son Sire.
Lentement, le Sénateur relâche sa progéniture, et Armand se jette sur son arme. Lorsque Mastif reprend ses sens, Armand est à une distance saine, son Sire en joue.

« Bien joué. T’as du cran de tenter une telle chose sur moi. Il y a peut-être de l’espoir pour toi… »
« C’est quoi ton problème? Dis-moi pourquoi tu as tué Sanscartier. J’pensais que t’étais de not’ bord! »

Le sombre Gangrel prend un moment pour se ressaisir et sans cérémonie, s’effondre dans le vieux fauteuil. Il agrippe ensuite le sac contenant la tête de Jeffrey Gariépy et l’assoit sur ses genoux. Le visage sans vie regarde de façon grotesque Armand, la bouche ouverte et ensanglantée.

« Chaque chose en son temps. On va commencer par le plus important : ce crétin-là » dit-il en signifiant Gariépy. « Tu sais pourquoi je t’ai choisi, mais que je t’ai pas encore réclamé? Tu étais une police corrompue, déchue, sans avenir, mais quand même capable de faire le sale boulot. J’ai tué la mère de cet insignifiant-là, et je l’ai ensuite enlevé, torturé et emprisonné pour que toi, tu puisses le retrouver et régler son cas. »
Armand, incrédule, crache à son Sire, « Mais t’es un ostie de malade! Pourquoi? »
« Parce que dans cette ville-ci, tout repose sur qui tu proviens, et qui tu engendres. Jeannine Durocher savait que Gariépy était ton petit-neveu. »

Le visage perplexe de l’ancien policier, braquant toujours son arme vers son interlocuteur, entraîne une réaction singulière de la part de l’homme noir. « Bon Dieu. Tu veux me dire que tu savais pas ça?! » déclare-t-il avant d’éclater de rire. La vue du taciturne Mastif poussant un tel son suffit à terroriser l’ancien policier.
« Ton frère aîné, Norbert, a eu une fille, Estelle. Son premier mariage était à un notaire de Rimouski, Pierre Gariépy. Jeffrey Gariépy était leur seul enfant. » Mastif prend un moment pour secouer la tête en désapprobation, et reprend son discours. « Durocher savait ça. J’ai volé les documents de son manoir avant qu’elle puisse utiliser ça contre toi, mais les Mekhet le savaient tous. Il fallait briser le lien. J’espérais que tu trouverais Jeffrey et lui réglerais son cas. Ça aurait fait mon affaire, tu aurais finalement été digne d’avoir ta place à mes côtés. Mais bon, ya une limite à ce qu’il pouvait endurer. Maintenant… Je sais pas. »

Avant qu’Armand puisse mettre son mot, Mastif se lève d’un seul bon, envoyant la tête rouler sur le plancher sale, et en remet : « Et puis en plus de ça, tu me demandes de te débarrasser d’un corps que t’as même pas tué toi-même?! Agent de Rosarien ou O’Mallery, je m’en fous; mais si t’as besoin de moi, fais en sorte que ça vaille la peine! Ça fait des années que j’attends que tu te fasses pousser des couilles, mais là ma patience a des limites! Assume ce que t’es, ou bien fait de quoi qui vaille la peine d’être reconnu, sinon le monde comme Hurtubise pourrait bien avoir raison de toi. »

Ignorant les questions de son Childe, Mastif se dirige vers la porte arrière, et se retournant une dernière fois, il martèle : « Je sais que chaque chose a sa place dans ce monde pourri, mais l’univers a aussi une façon de se débarrasser de ce qui est inutile. »

Sur ces derniers mots, Mastif quitte le repère d’Armand Brodeur, et le jeune Gangrel se retrouve seul avec ces révélations.

View
Interlude: Michel "Magic" Tétrault - 12 janvier 2002

Rien ne pouvait laisser présager l’irruption de Sebastian Riley et de ses hommes. La soirée au Walkyrie’s était des plus normales suivant le Nouvel An lorsque son propriétaire déclara « Sortez tous! Everybody out! Il y a une descente dans l’Élysée. »
La surprise laisse place à l’incrédulité. « De quoi tu penses qu’on aille peur d’une descente? » ricane un Néonate. « On a nos cartes! » Une Coterie éclate de rire dans un coin, visiblement amusée par le spectacle.
Riley ne se laisse pas impressionner. « Il y a des médias et des journalistes! Ils sont accompagnés d’inspecteurs! Sortez par en arrière, vite! » La menace ne prend pas deux secondes avant de mettre l’assistance en motion. « Pas toi, Michel. J’ai besoin de ton aide pour les retarder. »

Le réputé MC, « Magic », avait l’habitude de collaborer avec le Gardien de l’Élysée. L’assistance du club, aux étages en-dessous, aimait ses prestations, et il savait qu’ils en redemandaient. Après tout, face aux charmes d’un Daeva, ils ne pouvaient faire autrement…
« Correct, mais on va s’en parler après, mon boy », dit Michel avant de se mettre en branle.

En bas, Michel prend le microphone et avec un « slick » naturel, entonne un refrain pratiqué :

« Bonsoir tout le monde! Bienvenue encore au Walkyrie’s, où c’est le Ladies’ Night, every night! On veut aussi souhaiter la bienvenue à nos membres du corps policier, ils vont faire une p’tite tournée parmi nous, souhaitez-leur la bonne année! The best beats, the best bass, même le SPVM en veut! Oh! Et si d’ici la fin de ce remix du hit Rhythm is a Dancer, une jolie lady me ramène une press pass, elle se méritera une chic et délicieuse bouteille de champagne Brutus! »

Amplifié par ses charmes vampiriques, la foule entre en délire. Les hommes hurlent leurs encouragements, les filles accourent, et très rapidement, une passe média atterrit dans les mains de Michel : Dominic Montalban.
Sous une pluie de champagne et une fureur teinté d’hormones, un homme blond se fraie difficilement un chemin au travers la foule vers « Magic ».
« Pardon, est-ce que je peux ravoir ma passe? C’est assez dûr de faire ma job sans ça. »
For sure, mon gars… M. Montalban, c’est ça?
– Oui! Vous êtes Michel Tétrault, pas vrai?
In the flesh » répond le Daeva.
Sans perdre un moment, le journaliste sort un enregistreur portatif et demande, “M. Tétrault, Dominic Montalban, La Presse. Est-ce que vous pouvez commenter sur les allégations de malversation et de corruption dont fait objet les propriétaires de ce club? »
– Euh… Quoi?
– Il y a maintenant une semaine que des enquêtes ont révélés que des habitués VIP de ce club ont obtenus des droits privilégiés sur l’obtention de contrats lucratifs variés au travers la province. Vous savez sûrement de qui je parle?
– Désolé, j’ai aucun commentaire à faire…
– Vous êtes un contractuel ou un employé régulier du Walkyrie’s, M. Tétrault?
– Aucun commentaire!

Prit au dépourvu dans une foule suffocante, Michel sent sa Bête voulant voler sa raison, et retraite vers les toilettes. Il s’assoit un moment parmi les clubbers mineurs qui cherchent en vain une issue, et se ressaisi juste à temps pour répondre aux questions anodines des policiers faisant éruption. Libre de circuler, Michel remonte au deuxième étage, surveillant de proche l’accès VIP à l’Élysée, au troisième étage. Alors que les enquêteurs amorcent leurs recherches auprès de Michel, son cellulaire vibre.

« Allo? »
– Sors de là, vite! Il y a quelqu’un qui te chasse » avertit la voix de Tracks. « Passe par en arrière. »

Curieux, Michel regarde autour de lui, cherchant à trouver la personne en question. En dépit du club qui se vide tranquillement, le Daeva n’arrive pas à cibler qui serait à ses trousses… et son frère de sang n’est pas exactement le plus fiable…

« Té rendu où?! Bouge, calvaire! » lui rappelle Tracks.
Michel, hésitant, décide de passer par la sortie du troisième étage. La pièce luxueuse maintenant désertée, il traverse le plancher principal, tourne à droite vers le corridor d’accès, et court vers la sortie de sécurité lorsqu’une flamme aveuglante éclate devant ses yeux.

« AHHH!! » s’écrie-t-il par peur en se jetant par terre. La Bête éclate en lui, lui ordonnant de courir le plus loin possible. Maitrisant sa crainte de justesse, il se retourne pour voir un humain imposant de race blanche habillé d’un épais manteau et de lunettes polaires lui bloquant l’étroit chemin. Tenant dans sa main gauche une mèche au magnésium, et dans sa main droite un menaçant couteau de combat, il s’avance vers Michel d’un pas déterminé.

« Un de moins, enfin » dit-il en attaquant Michel. Le Daeva, au dépourvu, esquive les premières attaques du mieux qu’il peut, mais malgré la vitesse que son sang lui procure, son assaillant est très bien entrainé. Quelques échanges plus tard, Michel se retrouve grièvement blessé d’un coup de maître assené au travers des côtes sous son bras droit. Le Daeva tombe sur un de ses genoux, et se prépare à esquiver un autre coup lorsque l’homme vole dans les airs au-delà de Michel, de l’autre côté du couloir. Par-dessus l’homme sonné au sol, Tracks se relève du placage surhumain qu’il lui a infligé et se dirige rapidement vers Michel, l’aidant à ses pieds.

« Accroche-toi bien, ça va brasser » avertit le jeune Daeva en soulevant Michel dans ses bras, et soudainement les deux se retrouvent dans les airs, en train de sauter au-dessus de l’édifice voisin jusqu’à la ruelle plus loin. Sans cérémonie, les deux frères de Sang atterrissent lourdement, mais sain et sauf, dans un conteneur à ordures ouvert, loin de portée du chasseur.
« WOOO! Ça, c’est un trip! » s’exclame Tracks. « Té-tu correct? »
Michel est visiblement perturbé. « Ça va aller, faut juste me donner une minute. Tu peux-tu faire attention la prochaine fois? »
« J’ai fait exactement ce que j’avais prévu de faire. Tsé, t’as tes skills, j’ai les miennes. Mais on devrait se splitter astheure, c’est pas safe icitte. Je reste dans un des condos de Mylena ces jours-ci, faque qu’on va se revoir bientôt. »
– Comment as-tu su que quelqu’un était là? J’ai pas l’impression qu’il me cherchait moi! » demande Michel.
– Je peux pas t’en parler, c’est trop compliqué. Mais Gratien Laporte va vouloir te parler, à toi et Riley. Ah, pis ditch ton cell, comme j’ai fait; je pense que le monde de Rosarien les surveillent. Stay in touch! »

Avant même de pouvoir rajouter un mot, Tracks s’empresse de déguerpir, laissant Michel retourner à sa voiture et quitter les lieux.

View
Interlude: Chet "Elvis" West - le 23 décembre 2001

Chet West n’aime pas les hivers montréalais : la neige, le froid, l’humidité, tout cela représente bien peu de choses pour un vampire. Non, ce qui l’irrite se résume aux déplacements importants. Les pavés sont terribles, les gens sortent moins, et se nourrir est problématique au meilleur des temps. Mais au moins ce soir, il est rassasié. Il a un devoir à faire : un contact de la Sénatrice Nosferatu est tombé sur une scène macabre, et les Hounds sont appelé à converger vers les lieux du crime pour nettoyer l’endroit.

Devant une maison de ville de l’Avenue des Pins, un policier monte la garde. Lorsque Chet s’approche, il le salue : « On m’a dit que vous alliez venir. Vos collègues sont déjà rentrés » dit-il en ouvrant la porte. À l’intérieur, le Hound en chef, le Nosferatu Anton Edwardson, ainsi qu’une Daeva, Julie Archambault, attendent dans le vestibule.

« We just got here », marmonne Anton. “Fancy o’ye tah join us.”

Pressentant l’atmosphère tendue, Julie prend la parole : « Black Magdalene rapporte qu’il s’agirait d’un homicide multiple, mais quelque chose cloche. Elle veut qu’on
nettoie le tout et qu’on reste le tout au SPVM. »
« The what? » demande Anton.
« La police. Tsé, le genre de monde que tu sembles pas vouloir écouter », réplique Chet d’un ton sec.

Sans cérémonie, le Nosferatu tend la main à ses collègues pour accéder aux lieux. À l’étage, une scène macabre se dessine. Normalement utilisé pour de la recherche académique, les bureaux d’une grande pièce centrale ont été déplacés, les filières basculées au sol, tous les ordinateurs débranchés ou détruits. Au centre de la pièce, au-delà des poutres de support en bois massif se retrouve une énorme lucarne offrant une vue privilégiée sur le flanc du Mont-Royal. Sous cette lucarne, toutefois, repose une également énorme baignoire de marbre maculée de sang. Autour de celle-ci repose cinq corps vidés de leur sang. Seul le froid ambiant semble limiter l’étendue de la
décomposition des corps.

« Ne touchez rien pour l’instant » demande Julie. « Je veux voir de quoi il s’agit. »
– Mais c’est dégueulasse » s’exclame Chet. « Qui aurait bien pu faire ça? »
Can’t be a Kindred » suppose Anton. « Personne ne gaspillerait comme cela. »
– Regardez les poignets, les chevilles… et ces câbles attachés aux poutres. Les victimes étaient vivantes jusqu’aux derniers moments… et elles étaient six » précise Julie.
– C’est vrai; le sang à terre. Quelqu’un a été trainé par en arrière. » Chet se penche, tend une main vers les taches du plancher. « Mais le sang est sec. Tout ce monde-là est mort depuis plusieurs heures.
Julie regarde Chet, perplexe. « Quel jour était-on hier? »
– Le 22 décembre? » répond Chet.
Winter solstice. Damn it all. » Anton Edwardson lève les yeux vers la lucarne. « Ritual killer on the loose. » Enlevant son manteau, le Nosferatu met son unité en branle.
« Julie, sort vers l’arrière. Essaie de retrouver number six, ou par où notre killer s’est sauvé. Bag-and-tag tout ce que tu trouveras. Elvis, on ramasse tout ce qui nous aidera. Prints, clothes, samples, the whole shebang. On laisse tout le reste pour le SM. »
SPVM, précise Chet.
Love it when you talk dirty. Allez, let’s move. On n’a pas beaucoup de temps. »

Une fois Julie sortie de l’endroit, Chet, méfiant, se met en branle. Mais des questions pèsent sur sa conscience. « Tu peux me dire qu’est-ce que tu me veux? »
Sure. J’ai été un nomade sur la route deux fois plus longtemps que tes années en tant que Kindred. Over that time, you meet a lotta people.
So?
– Tu as pas vécu le lifestyle assez longtemps. Packs change. Des vampires quittent, d’autres s’associent… Et des fois… Some go batshit.
– Okay, faque quoi… Pourquoi tu me cherches?
– Tu as runné avec du monde bien spécial a while back.
– Et puis?
You’re my bait.

  • * *

Devant le Sénat et le Constable, les Hounds relatent les faits: cinq personnes, sans aucun lien apparent entre elles, ont été torturées, tuées et dévidées de leur sang au solstice d’hiver, au pied du Mont-Royal. Une sixième victime aurait pu être sacrifiée aussi, mais son corps demeure introuvable. Le sang recueilli dans la baignoire, infect au point de rendre un Kindred horriblement malade, est parsemé de flocons d’or, d’arsenic et d’autres composés plus étranges. Le bain antique lui-même, de marbre rose, était d’une confection unique, et n’était originairement pas sur les lieux. Toutefois, malgré toutes les marques de violence, il semble impossible de retrouver toute trace du tueur.

Le Constable Gratien Laporte confirme alors ses impressions: une légende urbaine montréalaise, le Tueur des Fêtes, que Laporte croyait avoir appréhendé et tué avec l’aide de Diane Rothschild en 1995, utilisait ce modus operandi tous les deux ans.

View
Sans Foi ni loi, session #3

Suivant la rencontre avec le Sénat, les vampires discutent dans l’Élysée. Sebastian Riley communique ses remerciements à Michel pour son aide envers sa Sire, Jeannine Durocher, et souhaite collaborer avec lui pour animer un bal grandiose que Monica Schuller planifie pour les mois à venir. À cet effet, il l’invite à lui parler.

Armand prend un moment pour aller discuter avec Adrien O’Mallery. Avec sa délicatesse caractéristique, Armand fait rapidement des allusions qu’Adrien serait au courant des événements des dernières nuits. Lorsqu’Armand se fait trop insistant sur le sujet de la mallette, Adrien se penche vers lui et lui demande précisément où se retrouve le contenu de la mallette. Le Gangrel étant bien au fait des pouvoirs de contrôle de l’esprit que certains Kindred possèdent, il détourne rapidement le regard, mais Adrien utilise une tout autre technique…

Sous la question du Mnemosyne, Armand tente de se souvenir, mais sa seule image mentale est obtenue au travers d’yeux n’étant pas les siens : il marche dans un long corridor souterrain, glauque et humide, auprès de Mastif. Avec une carte magnétique, il ouvre une porte, et son regard tombe sur un Nosferatu inconnu suspendu au plafond par des chaînes aux poignets. Sans cérémonie, Armand s’entend dire, avec la voix de O’Mallery « Vas-y. Sers-toi. Tu le mérites bien », après quoi Mastif se rue sur le vampire et se met à dévorer son sang.

Armand a peine à retenir sa panique qu’Adrien s’excuse, disant avoir un appel à faire. Le Gangrel se réfugie auprès de ses camarades pour relater les faits, mais il vient apparent que leur collègue ne peut se souvenir de la mallette, ses documents ou autre information de leur enquête. Chet, en sa capacité de Hound, prendra sur lui-même de lancer un avertissement frôlant la menace à l’Historien du Sang, qui aura bien peu d’impact; et Michel, quant à lui, discutera à son tour un peu plus en longueur avec lui; il partagera même qu’il voit un très bon potentiel en Michel, et que s’il avait bu de son sang aussi, il aurait pu lui violer ses souvenirs avec joie… Il devient évident qu’Adrien n’est que très peu intimidé par la menace physique, mais qu’avec une approche sociale judicieuse, Adrien aime se vanter.

Sans se presser, les vampires songent à ce qu’ils veulent faire. Dans la voiture, ils remarquent le SUV ayant précédé l’attaque de Mastif faire irruption derrière eux. Sans hésiter, Armand met la pédale au plancher juste à temps pour éviter une collision avec un autre véhicule de poursuite.

Quelques « slick » manœuvres et coups de feu plus tard, les vampires ont réussis à semer leurs assaillants, et ils se dirigent pour investiguer le manoir utilisé il y a quelques semaines par Adrien, à quelques blocs du Sanctuaire. Ce même repaire semble complètement déserté, jusqu’à ce qu’Armand et Michel remarquent les voyants lumineux de caméras de surveillance. Sur le point de quitter, les vampires entendent soudainement deux camions arriver sur les lieux. Deux escouades d’hommes lourdement armés en descendent et s’engagent à isoler le manoir, avertissant qu’ils ne sont pas là pour les blesser.

Michel ne perd pas de temps et s’enfuit au travers la porte arrière. Raoul, caché dans l’auto, s’occupe à crever quelques pneus des camions de transports. Chet et Armand tente d’esquiver les patrouilles sans succès, mais arrivent à mettre hors d’état de nuire deux gardes avant de prendre la fuite. Ils remarquent par la même occasion la présence de Rosarien dans un des véhicules d’escorte, et décident qu’il est dans leur meilleur intérêt de ne pas traîner sur les lieux.

Le lendemain, Chet est invité à se présenter devant le Sénat en ses fonctions de Hound. La réunion est présidée par Félicien Hurtubise, qui ne perd pas de temps :

Le Sénat s’est réuni en vertu de ce que vous et vos… amis… avez communiqué à notre collègue Black Magdalene. Vous, Chet, en votre statut de Hound au service du Sénat, et par extension le Domaine de Montréal, avez été convoqué ici pour deux raisons. Premièrement, effectif immédiatement, les fonctions de Hound Principal du Sénateur Gangrel sont révoquées. Deuxièmement, ces fonctions sont désormais assurées par Anton Edwardson, ici-même. Vous relèverez de lui maintenant.

Anton, assis à l’arrière tout ce temps, est soudainement remarqué par Elvis. Anton lui fait un salut du rebord de son chapeau, affichant un sourire narquois.

Vito Iadinardi prendra le relais.

Ce qui a été partagé est particulièrement troublant pour nous, Mr. West. Nous sommes portés à croire que vous avez encore des documents importants en votre possession. Afin que le Constable mène à bien son investigation, nous vous inviterions à nous remettre ces documents ce soir même.

Sans trop hésiter, Chet accepte, mais en prenant soin de faire des copies des dits documents auparavant.

XP : +5 pour tous.


Pour être très franc avec vous, les mecs… La dernière scène, chez Adrien… Bof. J’aurais bien pu prendre un 15 minutes de pause pour faire quelque chose de plus étoffé et moins on-the-fly. Ça me semblait forcé et artificiel, et je crois que vous l’avez ressenti aussi.

Du moment qu’Adrien était au courant de la localisation des documents, je m’attendais à ce que vous preniez panique. Ses agents allaient être dépêchés à vous arrêter, mais vu que vous vous êtes attardés au Temple, je me sentais un peu poche d’encore vandaliser votre auto. J’ai été généreux avec la poursuite aussi, car avec le premier jet (de freak) que j’ai fait, elle se terminait sur-le-champ. J’ai préféré laisser le Stunt Driver d’Armand briller un petit peu.
Ceci dit, Adrien n’a pas appelé n’importe qui, et oui, votre hésitation et vos conversations avec lui auront des répercussions futures.
Ce que vous avez manqués comme pistes (qui sera adressé dans les interludes) :
- Où est Jeffrey Gariépy?
- Les documents appartiennent à Rosarien. Quel est sa réaction?
- Que s’est-il passé pour Tracks?

À cet effet (les interludes), j’en ai une pour chacun d’entre vous. Voulez-vous que je les mettes publiques, ou privées (en secret) et que je mette un résumé de tous les événements connus du public dans la ville lors du downtime?
Je vous poserai la question par email également pour qu’il y aille un suivi rapide.

View
Sans Foi ni loi, session #2 -3

La Coterie est ébranlée, mais ses membres blessés ont peine à empêcher l’assaillant, lui-même blessé, de s’échapper. Quelques coups de feu sont échangés, mais la priorité est de fuir. Michel et Armand ramasse rapidement les quelques effets personnels de feu Gaétan, tandis qu’Elvis empoigne Raoul pour le sortir des lieux.

Une fois dans la voiture, Armand fait quelques appels et manouvres habiles afin d’éviter les recherches policières. Raoul, lui, demeure inconscient; en dépit de quelques-unes de ses blessures les moins graves s’étant guéries, il se retrouve dans une Torpeur menaçante.

Soudainement, les deux Gangrels se souviennent de la dette qui leur est dûe par Jeannine Durocher. Contactant le numéro qui leur est connu, il advient que Jeannine est à l’Élysée du Temple. Les vampires y emmènent Raoul immédiatement afin de demander du sang à la Régente pour raviver le Nosfératu. Sur le chemin, Armand fait une confession à ses collègues : il se doutait qu’il s’agissait de Mastif sur les lieux, et a averti ses amis de baisser les armes car il est le Childe de ce dernier.

Jeannine accepte d’honorer sa dette en ranimant Raoul, en privé; ils détermineront par la suite qui offrira sa dette pour ce service. À son éveil de son traumatisme, Raoul peine à retenir sa Bête face à ce tourment, mais Jeannine le fouettent violemment afin d’ancrer ses sens et lui faire garder contrôle. Avec un avertissement, elle le laisse se ressaisir, lui promettant de reparler de ceci prochainement.

Les vampires se dirigent ensuite vers le 5ème étage, où se déroule une confrontation entre Black Magdalene et l’étranger qui a interpellé Armand il y a quelques jours. Une dispute bien publique sur les lois de chasse a lieu, durant laquelle l’étranger sort son imposante arme, un Colt Walker antique, et prend la Sénatrice en joue. Alors que celle-ci reste de glace, Riley appelle à la sécurité, l’assistance se cache ou sort ses propres armes, et Armand fait de même, avertissant ses collègues de qui il s’agit. Sous cette révélation, l’étranger sort un deuxième Colt Walker, et sans broncher, prend Armand en joue aussi.

Après un temps, Black Magdalene, de marbre, laisse siffler : « Tu m’fais pas rire, Anton. Si tu savais que t’avais raison, t’aurais fait feu ya longtemps. » Sur ces mots, le Nosferatu, Anton Edwardson, quitte les lieux, mais pas avant de donner un autre avertissement à Armand, et de lui cracher un filet de sang sur sa botte comme insulte finale.

La rencontre avec Black Magdalene se déroule sous une atmosphère tendue. Elle explique qu’Anton Edwardson a obtenu une permission du Sénat pour opérer à sa guise dans le Domaine, et qu’elle s’est portée garante de lui, étant le frère de son Sire. Suivant ceci, l’histoire de la mallette, de l’implication de l’œil et de Rosarien, ainsi que la mort du Nettoyeur Municipal, est révélée. Elvis, Raoul et Armand partagent aussi leurs soupçons que Mastif est derrière l’assassinat, ce qui porterait à croire qu’il œuvre pour protéger Rosarien. Après tout, avant ces événements, Gaétan Sanscartier était un Insurrectionniste avoué, et sa Mort Finale arrange ceux-ci s’il souhaitait changer de camp. Black Magdalene demande à la Coterie de garder le tout sous silence en attendant la prochaine réunion du Sénat, et de bien garder les documents en question. Sur ces mots, la rencontre est ajournée, et la Coterie rejoint la population qui socialise dans le Temple.

View
Sans Foi ni loi, session #2 -2

De toute évidence, Albert Valiquette est un pseudonyme pour un vampire local. La Coterie décide donc, avec les « smooth moves » de Michel, d’avoir accès aux locaux d’entreposage. Ils découvrent, dans l’ordre : un caisson avec quelques corps en décomposition, défigurés et « nettoyés » pour les rendre non-identifiables; un bureau de fortune avec des photos de surveillance de Kindred locaux, plus fréquemment Tracks, Mastif, James McAllister, Adrien et Diane Rothschild, quelques armes de poings, et d’autres documents financiers; et chez A-1 Entreposage, ils tombent sur Gaétan
Sanscartier, le Nettoyeur Municipal, lui-même en cavale.

Il admet qu’il a dérobé les documents et la mallette afin que le Constable Laporte la découvre, mais ne s’attendait pas que la Coterie l’intercepte. Il les informe qu’il était autrefois en faveur de l’insurrection, mais que les ambitions de Rosarien le terrifie, et qu’il a voulu le mettre à jour.

Les confessions de Gaétan sont interrompues dans une pluie de balles de mitraillette qui inonde l’étroit corridor où se trouvent nos vampires. Gaétan arrive à se réfugier dans son petit haven de fortune, mais Raoul et Elvis prennent l’assaut de plein fouet. Michel et Armand ont le temps de retourner le tir, mais les assaillants prennent la fuite à bord de leur véhicule.

Elvis tente alors de poursuivre, mais un homme griffé et cagoulé, dans un habit renforci noir fait irruption et l’agrippe. Armand le prend en joue, mais hésite; il semble savoir de qui il s’agit, et il avise ses camarades de « go limp ». Après une empoignade, l’homme parvient à esquiver Elvis, essuyant quelques coups de balles, et s’approche de Gaétan. Raoul surgit de nulle part et poignarde l’homme violemment, et ce dernier se retourne et le griffe furieusement. Raoul tombe sous le choc, à l’article de la Mort Finale.

Le tenant en joue, Armand, exaspéré, s’exclame:
“Câlisse, Mastif, arrête!!”
Le silence demeure jusqu’à ce que Gaétan Sanscartier, toujours habile avec un couteau, poignarde violemment l’attaquant dans le cou, lui soutirant un cri. Furieux, ce dernier se retourne vers le Nettoyeur Municipal, prêt à plonger ses griffes dans son poitrail. Armand fait feu, mais ceci ne suffit pas à stopper l’attaque. Gaétan Sanscartier pousse un bref cri, pour ensuite s’effondre en cendres.

View
Sans Foi ni loi, Session #2 -1

L’interrogation du captif à l’église de Raoul révèle quelques informations supplémentaires : les sbires avaient trois endroits à fouiller en peu de temps. Ils ont commencés dans une résidence privée à St-Léonard, pour ensuite aller au loft de Tracks. Le troisième endroit, qui n’a pas été vérifié, était une résidence sur The Boulevard, dans Westmount. Michel est capable de se souvenir de l’adresse où il est demeuré avec les « associés » d’Adrien O’Mallery. Il est aussi mention que la mallette était le but premier, mais que le contenu leur était étranger.

Étant tard, les vampires vont au sommeil, se lèvent tôt et chassent, avant de se rassembler de nouveau. Ils discutent, et décident de tenter de contacter Tracks; malheureusement, son numéro a été déconnecté. Est-il assez intelligent pour l’avoir fait lui-même, ou bien s’est-il fait prendre? Mychoo ne peut offrir d’autres pistes, ne prenant pas l’appel de Michel.

Tracks lui-même n’est pas chez lui en matinée, mais les portes fûrent remplacées pendant la journée, et Armand déduit que Tracks a prit une sélection d’items avant de quitter son Haven.

Les collègues décident donc m’investiguer la maison de « Albert Valiquette » à St-Léonard, mentionné par leur captif la veille. L’endroit a été saccagé, mais les efforts de Michel et Armand donnent certains résultats :
M. Valiquette est très peu souvent à la maison; il semble voyager beaucoup, car il a deux voitures et elles sont très peu souvent sur les lieux en même temps; il n’est pas aussi vieux que Michel semble le suggérer à une voisine; des registres financiers font références à des locations d’entreposages court, moyen ou long terme à Montréal; une salle dérobée au sous-sol révèle un garde-robe bien fourni d’habits pour homme, de chemises et de souliers de bonne qualité, ainsi qu’une chaise confortable; Sous un tiroir, des faux documents et pièces d’identité qui font référence aux documents découverts plus tôt.

View
Sans Foi ni loi: Session #1

Suivant un exposé détaillé des événements récents, la Coterie décide d’aller voir Tracks pour essayer de voir qui le suit, et se gagner du capital de sympatie auprès de Mychoo, une des Sénatrices.
Tracks, se terrant chez lui par crainte, dévoile qu’il a reçu une mallette, déposée chez lui, et que le tout n’apparait pas sur ses caméras de sécurité. Ne sachant pas de quoi il pourrait s’agir, ils l’ouvrent et y retrouvent :
a. Le Sanctuaire secret du Seigneur
b. Le penthouse secret de Rosarien
c. Une carte soulignant un repaire quelconque dans l’est de la ville
d. Un diagramme impliquant fortement Mastif dans la mort d’un ArchitecteVentrue du nom de Joseph Desgroseillers dans les années 80
e. Un dossier contenant une liste de noms ciblés par « L’Oeil » pour infiltrer le Temple.
f. Une copie des états financiers (audit) d’une corporation sous le nom de « Héritage/Legacy Fond de Développement Privé Inc. »

Avant que le Constable n’arrive, Michel et Armand s’enfuient avec la mallette pour inspecter son contenu, avec peu de succès. Raoul et Elvis filent Tracks pour tenter de découvrir qui le suit, sans succès aussi.

Dans tous les documents, les personnages décident d’inspecter l’endroit sur la carte. Ils y rencontrent Grant MacDonald, qui leur partage certaines informations :
Evangeline : « Je connais cette Nosferatu. Elle menace le Domaine car elle en veut personnellement contre McIntyre. Certains voudraient voir la mort du Seigneur pour avoir attiré un tel danger. Évangeline détruirait tout Kindred de Montréal sans aucune hésitation pour avoir sa vengeance. Même McIntyre n’est pas aussi répréhensible. »
McIntyre : « Le Seigneur protège la ville contre beaucoup de menaces. Je le sers en son absence car personne d’autre n’a la force de corps et de caractère nécessaire pour prendre les décisions difficiles. »
L’œil : « Cet ordre n’existe plus. C’était une erreur qui va se terminer dans le sang et les cendres. »
Rosarien : « Le Kindred le plus hystérique, désillusionné et dérangé de Montréal. Sa richesse et son panache cache le plus dépravé des mégalomanes. Vous ne pouvez rien contre lui. Si Rosarien jette son dévolu sur vous, courez. »
Mastif : « Un chien mal élevé mordra la main de son maître. Ce n’est qu’une question de temps. »
Le Sénat : « Une très bonne idée… à l’époque. Mais certains ont des mémoires très, très longues. Et vous, les plus jeunes, serez au centre de ce conflit. »
La mallette : « Ces informations sont au cœur de ce qui oppose Rosarien et Adrien au Seigneur. Si cette information est arrivée jusqu’à vous, c’est que quelqu’un s’est vu prêt à trahir leur cause. Prenez garde; vous êtes des hommes marqués maintenant. »

Suivant la visite chez Grant, les vampires décident de revisiter Tracks. Celui-ci n’est pas chez lui, mais quatre hommes se sont introduits de force chez lui et recherche quelque chose. Furtivement, Raoul tranche la gorge d’un des hommes, et Elvis en met complètement K.O. un deuxième. Rapidement, les vampires auront blessés grièvement un troisième, et maitrisé le dernier pour le questionner.

Ils apprennent que ces hommes sont des professionnels de la sécurité qui bossent régulièrement pour un M. Lebeau, engagés par l’entremise d’un homme du nom de Rénald Malouin. Ces hommes font des travaux d’escortes, de rapatriement, de protection, et quelques fois des travaux moins légaux. Ils ont des femmes, des enfants, et sont très bien payés par le biais d’une agence spécialisée ayant son siège social sur la Transcanadienne.

Entretemps, Armand arrive à faire retarder la police, et les collègues nettoient le loft. Ils avisent Tracks de se terrer, et Raoul lui offre de revenir chez lui. Ayant un corps à se débarrasser, Armand contacte son mentor, qui lui avise d’en disposer dans un conteneur noir et jaune rue Des Seigneurs, auprès du canal Lachine. Sous les protestations de Michel, ils abandonneront les blessés à un hôpital quelconque, tandis qu’un dernier, sous les charmes de Michel, restera parmi eux. À leur arrivée à l’église de Raoul, tout est rentré dans l’ordre, mais Tracks manque à l’appel.

XP: 5 (6 pour Hugo)

View
Sans Foi ni loi: Prologues
Où se dévoile le théâtre de nos futures aventures
La nuit du 16 novembre 2001…

Armand Brodeur est en ville en train de secouer quelques contacts pour du sang et des
dollars. Il s’engage dans un coin de rue et, lorsque sa dernière proie est hors de vue, un
bruit d’arme prête à faire feu se fait entendre, et une voix l’adresse :

Ne bouge pas. Tu n’es pas assez fort pour moi, et à cette distance, je ne peux pas te
manquer.
Sans perdre de temps, Armand demande à son interlocuteur, apparu de nulle part, ce qu’il
veut. La réponse ne se fait pas tarder :

Tu as un frère de Sang, il s’appelle Elvis. Il vient d’ailleurs. Un bon jour, il va avoir
des amis qui vont arriver de loin pour le voir. Quand ces chiens galleux vont se pointer
le nez, tu vas mettre une croix en craie rouge sur la porte de son garage. Sinon…

Le bruit d’un marteau de revolver se fait entendre, et Armand décide de tenter sa chance. Il croit pouvoir intimider son interlocuteur à hésiter, mais dans l’échange, les deux échouent à impressionner leur cible. Armand découvre donc, à une quinzaine de verges devant lui, un impressionnant homme le tenant en joue habillé d’un duster de cuir, d’un chapeau à large rebord fait du même cuir, des jeans et de grosse bottes de moto. Sans même la présence d’une Bête, son assaillant a un visage tordu, avec les extrémités de ses traits horriblement tirés vers le haut. « Sûrement un Nosferatu », il se dit.

« Bad move », réplique l’hideux avant de faire feu avec un énorme revolver antique. Pris au dépourvu, Armand reçoit la balle en plein visage, arrachant une partie de son visage et de sa tête. Complètement ébranlé, son attaquant le rejoint, le soulève et le planque au mur en rajoutant une dernière insulte avant de quitter :

J’ai jamais eu besoin de plus de six balles pour régler le cas d’une racaille comme toi. Avale ta médecine comme un homme et ferme-là. Ça te profitera.

Armand ne se laisse pas abattre pour autant. Dérouté, il arrive de peine à rejoindre Elvis pour le mettre au courant de la présence de cet étranger dans la ville. Pourquoi cibler Elvis? Qui sont ces « chiens galeux »? Et pourquoi une croix de craie rouge?


Michel Tétreault suit les indications de sa Sire pour la rejoindre dans un salon huppé du Vieux Montréal. Populaire et connu, on l’escorte dans une salle luxueuse où se retrouve Mylèna et son Childe Tracks.
La sénatrice ne perd pas de temps. Elle attaque son Childe ainé de questions : Tracks est suivi de près, est-ce ta faute? Sais-tu qui est responsable? Pourquoi t’acharnes-tu à agiter la politique du Sénat? Ne peux-tu pas retenir tes amis?

Michel se défend tant bien que mal en affirmant ne suivre que les demandes des Sénateurs, dont elle fait parti, et sous-entend qu’elle devrait exercer un plus grand contrôle si elle veut les résultats qu’elle demande. Il offre également de mettre ses amis à profit pour aider Tracks, comme faveur personnelle.

Suivant ceci, Mychoo partage qu’elle ne favorise pas les activités financières de Michel. Elle le sait destiné pour la haute société et de grandes choses, comme est l’héritage de tout Daeva. Elle l’encourage donc fortement à investir dans ses activités pour se démarquer, car son statut actuel lui semble peu enviable.

Michel n’hésite pas à dire que son ambition est de supplanter Sebastian Riley comme Gardien d’Élysée, croyant qu’il n’est pas le devoir d’un Mekhet de servir la ville ainsi. Pour ce faire, il cultive ses activités pour créer du capital de sympathie, et ceci prend du temps, surtout si le Sénat s’acharne à lui déléguer des tâches.

Toujours habile avec ses mots, il quitte sa Sire et son frère de sang avec une dernière pince : si les Daeva sont destinés à de grandes choses, peut-être qu’il serait temps pour certain d’entre eux de cesser de perdre leur temps à chouchouter des chiens battus…


Raoul est dans ses études lorsque sa Goule, Bernard, l’avise qu’une femme l’attend dans son presbytère. Ennuyé qu’une femme le dérange, il se ravise lorsqu’il réalise qu’il s’agit de sa Sénatrice, Black Magdalene.

Celle-ci ne perd pas de temps et présente des photos de l’altercation qui a eu lieu avec les assaillants connectés à Jeffrey Gariépy. Elle sait, de par leur rapport, qu’il s’agissait d’eux qui ont attaqués au lieu de se sauver. Que Raoul soit resté en retrait n’a aucune incidence pour elle : elle affirme qu’il avait une responsabilité de minimiser les impacts d’une telle altercation sur la Mascarade.

Black Magdalene a été capable d’empêcher que ces documents, tiré de caméras de sécurité autour du Sanctuaire, se retrouvent dans les mains du Constable ou de mortels. Elle avoue que le Clan Nosferatu a trop à perdre actuellement avec l’absence prolongée de leur Aîné : elle admet aussi à Raoul qu’elle n’aime pas qu’il aille prit un côté si religieux tandis que le Seigneur était sur le point de revenir, mais qu’elle ne peut rien y faire.

Black Magdalene annonce donc que ce service est gratuit, car son Clan a plus à perdre qu’à gagner en ébranlant la Mascarade pour discipliner deux fiers-à-bras Gangrels. Elle insiste toutefois que Raoul se porte garant d’eux, car elle n’a pas l’intention de les protéger continuellement ainsi.

Face à un Raoul conciliant, elle avertit que Jeffrey Gariépy est recherché par la police, mais manquant. Il est reporté comme personne disparue, mais elle affirme avoir fait stopper les investigations de la police, identifiant son cas comme « basse priorité ».

Suivant le départ de Black Magdalene, Raoul reçoit une missive écrite de la main de Jeannine Durocher, qui lui est apportée par sa Goule. Celle-ci fait mention de remerciements pour la discrétion dont a fait preuve Raoul face aux événements de Laval, ainsi qu’une offre de compensation monétaire, de faveurs ou d’information pour lui et ses collègues en retour pour leur précieuse aide face à Terrence et Evangeline.

View

I'm sorry, but we no longer support this web browser. Please upgrade your browser or install Chrome or Firefox to enjoy the full functionality of this site.