Montréal: Ascendance

Chapitre 4: "Like Magic!" (session 1)
Où l'on joue au garde du corps

Le 25 mai 2004

Deux ans plus tard, Monica Schuller se prévaloit finalement des services de Michel Tétreault. Elle organise une levée de fonds dans son complexe de condos au 265 Mont-Royal Ouest, et le somme d’être l’animateur de la soirée.

Richard, le majordome de Monica, explique les règles du jeu. Les collègues de Michel sont là pour garder un oeil sur les Kindred qui se présenteront. Aucune arme à feu n’est souhaitée ou nécessaire, personne ne se nourrit sur les invités, et les règles du Domaine sont en vigueur en tout temps.

Michel lance la soirée et la soirée bat son plein. Les vampires ont leur lot de rencontres:

  • Chet discute avec Diane Rothschild de ses activités et de son opinion sur Laval. Il vacille un peu, mais semble conciliant avec la Protectrice. Toutefois, il jete un froid sur l’atmosphère lorsqu’il renverse par mégarde le verre de Caroline Néron.
  • Raoul reçoit un avertissement d’une menace Nosferatu qui planerait sur lui par Black Magdalene. Celle-ci quitte promptement, et Raoul se fait ensuite coincer par le journaliste Dominic Montalban, qui le perce à jour et n’avale pas ses explications quant à la raison de sa présence. Raoul ne parvient qu’à se défaire de lui avec un geste homoérotique peu subtil.
  • Armand jase premièrement avec Gratien Laporte, de passage en tant que Constable, et valide leur relation froide mais professionnelle. Un autre étranger, toutefois, s’avère plus omineux avec ses propos envers Armand.

La mention de cet étranger lors d’un moment calme pousse Michel à élaborer un plan de maître afin de coincer l’individu avec un prix bidon. Le forçant à dévoiler son identité publiquement, l’homme, se nommant Trevor St-Gelais, fascine l’assistance avec ses brefs propos, avant d’être escorté à l’étage par les vampires pour un entretien privé.

St-Gelais révèle peu. Il semble bien plus vieux qu’il ne le parait, possède certains pouvoirs extraordinaires propre aux vampires, mais demeure tout de même humain. Il avertit les vampires que des changements sont à l’horizon, ce que Armand tente de lui remettre en plein visage. L’accusant de vouloir semer la pagaille ce soir, St-Gelais maintient un sang-froid exemplaire:

Monsieur, j’ai gagné un voyage à Acapulco. Je suis comblé.

La finale de la réception tient la Coterie plus occupée. Un serveur somme Raoul de le suivre au sous-sol, o{u un sous-chef a été découvert drogué et dénudé dans un placard. Mychoo confronte publiquement Michel, insultée de sa volonté à vouloir plaire Monica plutôt que de fair epreuve de loyauté envers sa propre Sire. Chet remarque l’absence soudaine et marqué de Vito Iadinardi, autrement très présent parmi les élus de la ville, et Armand se fait surprendre par un écervelé ivre livrant des propos des plus déplacés.

Les vampires décident donc d’accélérer la fin de la soirée. Suivant la fin de celle-ci, seuls les traiteurs, la Coterie et les Daevas Tracks, Julie Archambault et Mychoo restent sur place, tel est leur droit acquis. Tracks reçoit un appel qui semble le distraire alors qu’Armand tente d’encourager les Daevas à quitter les lieux, redoutant le pire.

Soudainement tous présent ressente la présence d’un vampire intrus. Dans l’escalier menant à l’étage, le Nosferatu Malachi tient Vito Iadinardi ôtage. Ce dernier a clairement été victime d’une sauvage attaque par Malachi. Tracks avertit tous quant à l’identité de l’homme, qui exige la protection des vampires en retour de se mettre à table quant à la conspiration envers McIntyre.

De maître, Michel parvient à désarmer Malachi et une altercation éclate. toutefois, celle-ci est coupée court lorsqu’une lampe à l’huile tombe de l’étage dans l’escalier, embrasant Malachi. Armand se fait prendre par sa Bête, et Chet parvient à sauver Vito du brasier juste à temps. Malachi n’est pas aussi chanceux, et succombe à l’impardonnable fléau.

Raoul file à l’étage pour trouver l’attaquant. Il se prépare à redescendre bredouille lorsqu’il voit un flash de photographe du coin de l’oeil. Il découvre Dominic Montalban, caché dans un salon, et plaide pour sa vie lorsque Raoul l’empoigne. Cherchant à satisfaire sa concupiscence, le Nosferatu commence à se nourrir lorsqu’il subit une blessure par balle en plein visage par le Chasseur, qui cherche à sauver le journaliste d’une mort atroce.

Le tir alerte Armand et Michel, qui se précipitent à l’étage. Leur arrivée force le chasseur à se sauver par le balcon en abandonnant Montalban grâce aux ordres d’Armand. Le tout se conclut avec Trevor St-Gelais, précédemment dissimulé, faisant aux vampires un “slow clap” moqueur.

Au rez-de-chaussé, un attroupement de vampires fait éruption. Chet est surpris de voir des membres de son ancien Pack, mené par la Daeva Valerie Vile, exigeant que Mychoo leur soit livrée. Tracks, Julie Archambault et Chet interviennent rapidement après quelques coups de feu, et maintiennent la tension juste assez longtemps pour forcer l’apparition de Monica et Richard. Devant une telle éventualité, Valerie ordonne une retraite stratégique.

Finalement, Trevor St-Gelais retourne volontairement au rez-de-chaussé, escorté par Raoul et Michel. Armand, quant à lui, s’affaire à retravailler les souvenirs de Dominic Montalban. St-Gelais et Monica Schuller amorcent une conversation alors que Tracks reconnait l’homme comme étant l’étranger l’ayant hypnotisé afin qu’il coopère avec Malachi. Il devient apparant que l’homme et la vampire se connaissent de longue date, portant la Coterie à croire qu’il est psosédé d’un autre vampire. St-Gelais dégaine soudainement un pistolet vers Monica, qui provoque sa dérision, mais le rire tourne amer lorsque le tir est réaligné pour toucher Richard de plein fouet.

La peur de Monica Schuller se transforme rapidement en frénésie, et dans l’altercation qui suit St-Gelais, Chet et Vito Iadinardi sont attaqués sauvagement pas l’Ainée. Chet joue de subterfuge assez habilement pour éviter plus de tord, et parvient tout juste à rejoindre les autres vampires à l’extérieur de l’immeuble avec Vito, tandis que Monica jette inconsciemment son dévolu sur les mortels ayant déservis ses invités quelques heures plus tôt…


XP: 5 (+1 pour FX, pour son coup de maître!)

Messieurs, vous êtes instoppables. Alors que je planifiais un shoot-out avec couverture, alcool enflammé, fuite de gaz, clowns diaboliques, magie sanguinaire, chaînes en or qui brillent et Diablerie, vous avez désamorcés trois situations critiques avec d’excellents moves, des jets favorables et avec votre sens du drame et de l’humour qui vous est unique. Ceci est reflété dans votre XP.
FX, ton coup de Kung-Fu pour désarmer Malachi, brillant. Bravo.
Hugo, tes “interactions” avec Dominic Montalban étaient du pûr bonbon, et combien creepy!
Julien, un staredown en infériorité numérique, contre ton propre Pack, sans armes, incroyable!
Et Alex, se remettre d’une Frenzy et empêcher le chasseur de se sauver avec Montalban, tu as sûrement idée à quel point ça vous sauve le cul!

Vous me contraignez à réaligner les scènes suivantes en fonction de votre performance admirable, et j’aime ça! On remet ça dans deux semaines.

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Interlude (de 2002 à 2004)

Entre 2002 et 2004, les changements suivants ont lieu à Montréal :

  • De nombreux événements ont menés à l’abandon du territoire de Laval par les Kindred qui y résidaient. Jeannine Durocher n’est plus Régente, et a perdu beaucoup de Prestige. Elle doit encore une dette envers trois des Kindred de la Coterie, mais les ressources de la Mekhet ont été sévèrement amputées.
    • Par conséquent, Montréal se retrouve un peu surpeuplé pour les goûts du Sénat. Aucune Étreinte ne sera autorisée.
    • Les Hounds ont été les seuls Kindred impliqués dans les affrontements de Laval. Ceux-ci ont été brefs, et n’ont impliqués que des Kindred et des goules. La Nosferatu Evangeline ne s’est jamais manifestée durant ces investigations.
    • Il existe des pressions politiques pour prendre d’assaut les envahisseurs de Laval. Le Sénat est divisé sur la question : Félicien et Black Magdalene y sont favorables, Vito est défavorable, Mychoo est catégoriquement opposée, et Mastif ne se prononce jamais sur la question.
    • L’identité des Kindred qui attaquent le Domaine n’est pas connue.
  • Mastif n’a pas regagné son titre de Hound. Les Hounds de la ville demeurent Chet West, Anton Edwardson et Julie Archambault. Mastif n’a jamais été mis à jour à propos du meurtre de Gaétan Sanscartier.
  • Les membres de la Coterie ont gardé un œil sur le Sanctuaire. Celui-ci semble désert.
  • En 2002 et 2003, le Tueur des Fêtes a frappé de nouveau. Diane Rothschild a tenté de collaborer avec la Coterie et les Hounds, mais le manque d’indices les a empêchés de progresser dans l’investigation.
  • Le journaliste Dominic Montalban s’est attiré une certaine célébrité avec ses investigations chocs sur la corruption montréalaise. Il s’est rapproché dangereusement des activités de certaines personnalités-clés au sein du Domaine. Gratien Laporte est actuellement en campagne pour tenter de régler son cas.
  • Il n’y a eu aucune mention d’activité de la part du Seigneur. Ses fidèles se tiennent en marge des affaires politiques de la ville. Les Insurrectionnistes de Rosarien semblent confiants.
  • Deux disparitions mystérieuses au sein du Clan Nosferatu ont eu lieu : Yihtzak Cohen et Bruno. Black Magdalene fut prudente de ne lancer aucune accusation, mais celle-ci démontre une tension palpable.
  • La rumeur court qu’Eugène a été aperçu rôdant dans Côte-des-Neiges. Personne n’a été en mesure de confirmer ceci.
    • La Coterie sait qu’Eugène est parvenu à s’échapper de la voûte secrète où le Lancea Sanctum le traitait. Ils l’ont retrouvé, par chance. Toutefois, Eugène semble réagir peu favorablement à ses « traitements ».
  • Sebastian Riley a fermé le Walkryrie’s. Un nouvel Élysium, dans un nightclub underground nommé « Grind », a été ouvert. Ce nightclub est situé dans Griffintown.
  • Tracks a été lavé de tout doute dans l’attentat sur la vie du Seigneur. Le réel assassin, Malachi, est toujours en torpeur et sous verrou.
  • Diane Rothschild gère toujours les avoirs du Seigneur.
  • Le Patriarche continue d’offrir son aide et son support aux membres de la Coterie. Nigel, lui, est maintenu loin de vos activités, avec raison.

Les membres de la Coterie peuvent utiliser leurs XP. Ils peuvent aussi se rajouter 5XP à leur total pour le downtime.

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...et tout change à nouveau (Épilogue #2)
Un document inattendu

(L’événement qui suit est envoyé par VHS par un parti inconnu à la Coterie. Il s’agit d’un vidéo daté prit sur le vif, d’un angle dérobé, dans la salle de conférence de l’Invictus, au creux du Sanctuaire. les visages sont flous mais l’identité des personnes n’est pas en question)

« Au rapport », prononce Rosarien.

Autour de la table d’ébène où se rencontrent secrètement les membres montréalais de l’Invictus, l’atmosphère est grave et la tension palpable. Leur sanctuaire, anciennement planifié pour le plaisir exclusif de leur Seigneur, a été violé par de simples Néonates. Quelqu’un doit payer.

« Nous avons pu identifier positivement trois des cinq Kindred qui se sont infiltrés », répond Adrien O’Mallery. « Chet West, Armand Brodeur et Michel Tétreault. Nous pouvons déduire qu’un quatrième était Raoul Sansregret. Le cinquième, toutefois, demeure un mystère pour l’instant mais nous avons plusieurs pistes. »

Le visage de Rosarien s’assombrit. « Je crois qu’il sera sage de rayer une fois pour toute le nom de Monsieur Brodeur de nos fichiers. Monsieur Iadinardi? »
- Monsieur Lebeau… Le fichier de nos recrues potentielles fut dérobé lors de l’événement…
- Vous suggérez que ces marmots ont eu accès à nos dossiers?
- Très précisément, nous savons qu’ils ont obtenu accès aux trois niveaux du Sanctuaire. Grâce à la présence de notre sécurité ils n’ont pu jouir du temps requis pour trouver bien des informations. Ils ont usé principalement de force non-létale contre les spécialistes sur place… et l’Archévêque Eugène a été libéré lors de l’assaut.
- …vous mentionnez une information des plus déplaisantes, Monsieur Iadinardi.

Un lourd silence prend place, avant d’être brisé par Rosarien.
- Continuez. Quels autres endroits ont été pénétrés?
- Au premier niveau, leur infiltration eu lieu via le manoir. Ils se sont dirigés directement vers le monte-charge. Ils ont exploré le nerf informatique, mais furent incapable de l’utiliser. Monsieur Lévesque se remettra de leur attaque. Ils ont découvert la chapelle mais n’ont pas osé atteindre la cellule de Monsieur Meyrhun. Ils connaissent l’emplacement de cette pièce-ci, ainsi que du poste de surveillance principal. Et au dernier niveau… En plus de la salle de storage, où uniquement Eugène fut libéré, ils ont également découvert la galerie, et l’antre du Dragon.
- Merci, Monsieur O’Mallery. Voici donc mes proclamations : à partir de la semaine prochaine, cet endroit reviendra à ses intentions premières. Nos plans demeurent inchangés, sinon que nous y rajoutons un alinéa : faire cesser les activités de cette Coterie de malheur le plus rapidement possible. Ralliez-les, achetez leur silence, ou sinon disposez d’eux politiquement. Je ne veux pas d’un autre Sanscartier, mais cette option demeurera valide si toutes les autres échouent.

Les gens rassemblés donnent passivement leur accord. Satisfait, Rosarien dit Lebeau rajoute une question :
« Monsieur Mastif? Vous demeurez caractéristiquement stoïque. Je comprends que vous étiez le premier d’entre nous sur les lieux suivant l’alerte générale. Votre Childe n’est pas assez brillant pour avoir orchestré ceci, Chet West n’a aucun intérêt pour le jeu politique, Michel Tétreault n’a jamais connu Eugène et Raoul Sansregret n’est qu’un pleutre malodorant. Avez-vous un doute quant à savoir qui est derrière ceci? »

Le Gangrel profite d’un court moment de réflexion avant de répondre, « Aucunement. »
- Pardon?, crache Rosarien.
- Aucunement, Monsieur Lebeau. »

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...et tout change à nouveau (Épilogue #1)
Ce qu'il reste de nous...

Suivant la libération d’Eugène et la démonstration de sa survie auprès du Patriarche, Raoul impose que Eugène soit délivré au Lancea Sanctum. L’Évèque Ganova, abasourdi, accueille l’Archévêque dans le couvent secret de l’ordre. Toutefois, les mois qui suivent s’avèrent très pénibles, car Eugène n’a pas recouvert sa droiture d’antan. De toute évidence, la torture mentale d’Adrien O’Mallery ne sera pas facilement renversée.

Le succès de l’opération inspire la confiance du Patriarche. Quelques caissons de marchandise secrète sont entreposés dans la crypte de l’église de Raoul, avec une injection de fond dans la sécurité des lieux. Évidemment, la Coterie a des instructions claires de ne jamais même être en la présence de ces biens, et que de briser cette confiance serait indésirable. En revanche, ceux-ci sont généreusement compensés pour leur ‘sacrifice’ (+1 Ressources; Raoul gagne Allies 1 (Granger), Haven Security +1).

Tracks informe Michel que l’opération en question a eu quelques résultats….. inespérés. Il croit que Monica Schuller verrait d’un bon oeil la libération d’Eugène, mais jure à Michel qu’il n’en parlera pas sans qu’il ne le souhaite.

Durant les mois suivants, Rosarien et Adrien O’Mallery ne font aucune apparition publique dans la ville.

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...et tout change à nouveau (Session #2)
Où l'on explore, bastonne, et demeure non-létal

Mai 2002 – DUNGEON CRAWL

Les préparatifs des vampires vont bon train. Ils obtiennent tout le matériel qu’ils jugent nécessaire, et malgré leur savoir en technologie de sécurité un peu daté, arrivent à envisager une variété d’éventualités à parer. Tracks aussi contribue, sous la forme d’appareils afin de déjouer les services de sécurité avec cartes informatiques. Les plans bleus ainsi que la visite précédente de Chet, Raoul et Armand sur les lieux incitent le Gangrel à planifier un itinéraire rigoureux afin de retrouver le Daeva captif le plus efficacement possible. Les documents additionnels que les vampires détiennent les encouragent également à prévoir la présence de gardes armés à la solde des Insurrectionnistes.

L’accès via le manoir désert avoisinant le Sanctuaire se déroule de façon chirurgicale et brutale. Les coups sont précis, impardonnables, et les drogues administrées rassurent les Kindred que leurs proies resteront sans connaissance pour la durée de leur expédition. Entre des uniformes de gardes réappropriés et la vitesse de Tracks, les caméras n’arrivent qu’à intercepter leurs mouvements que rarement, et l’équipement fourni par le frère de sang de Michel fonctionne admirablement.

Le premier accro a lieu au second sous-niveau, lorsque Armand et Chet sont interceptés par un technicien informatique. Celui-ci, plus affairé à ses recherches web à saveur pornographiques qu’à sa sécurité, est mit hors d’état de nuire dans sa propre cage de Faraday. Il s’y retrouve peut-être une fortune d’information… Toutefois, les vampires ayant une mission pressante et peu d’aptitude pour l’informatique, décident de passer leur chemin.

Une chapelle taillée à même le roc se retrouve sur leur itinéraire, et Armand est très curieux. Passé la porte derrière l’autel, une porte d’acier massive s’impose, de laquelle une forte odeur de charbon se fait détecter. Lorsque Armand se penche vers la seule fenêtre sale de cette porte, il aperçoit trois corps carbonisés sur le seuil d’une autre porte à l’opposé. Lorsqu’il relate cette information à ses compagnons, tous jureraient entendre des chuchotements macabres :

Vient-il, le sauveur/non, tue-le/sa gloire est grande/viens, viens/le sceau se brise, le serpent sort/veritatis aequitas /provient-il des cieux/son sang sera sur lui/libérez-moi, libérez-vous

Sous les ordres d’Armand, les vampires quittent cette salle, et continue leur itinéraire. Les salles suivantes dévoilent quelques informations de choix : une salle de torture avec un lounge confortable, des plus macabres; un spa, la porte suivant directement la salle de torture; une bibliothèque élaborée et sous température contrôlée remplie d’archives de Ville-Marie; et une salle de conférence où, ils en sont sûr, l’Invictus et/ou l’œil se rencontre.

Cette dernière découverte donne des informations précieuses à la Coterie : des détails préliminaires d’un réseau souterrain reliant le MGH et le Royal-Vic, une liste de recrues potentielles, incluant Sebastian Riley, Félicien Hurtubise, Armand lui-même, et deux inconnus, William Vargas et Orin Olknine; et une liste de comptes bancaires locaux et internationaux. Le tout bien en main, les intrus progressent.

Avant d’emprunter les escaliers vers le troisième sous-niveau, les vampires découvrent le nerf central du système de surveillance. Ils maitrisent les gardes avec brio, et parviennent à désarmer les mesures de sécurité, mais découvrent que ceci ne s’applique qu’aux deux niveaux qu’ils ont explorés. Soudainement, une perte de courant plonge la moitié de leur niveau dans le noir, et Michel découvre, à l’aide des moniteurs de sécurité, une énigmatique figure lourdement armée s’infiltrant au travers d’un drain. Sentant la pression monter, les vampires s’activent vers le dernier niveau en forçant une porte de sécurité, déclenchant une alerte sonore.

Un comité d’accueil s’isole dans un poste de garde au bas des escaliers menant au troisième niveau et ouvre le feu à volonté. L’intrépide Chet balance une grenade parmi les combattants alors qu’Armand use de son fusil de chasse librement pour disposer des attaquants. Miraculeusement, aucun d’entre eux ne décèdent, mais il s’en faut de peu pour que Raoul n’y parvienne en combat rapproché.

Le dernier niveau doit être exploré à la veille façon, les plans étant incomplets, et dans l’obscurité, dû à l’alerte. Toutefois, les aventuriers avaient prévu cette éventualité. Le manque de courant les force par contre à devoir ouvrir les portes sans assistance hydraulique. La première se prouve trop difficile, alors les portes des couloirs suivantes dévoilent leurs secrets premièrement : une galerie de portraits peints en sang, donc un à l’image du Sire de Raoul intitulé « Vladislav Drushki », et une grotte scellée avec une effigie de dragon à deux têtes, abritant trois cercueils, dont un avec un corps desséché. Bredouille, ils retournent vers la porte d’acier et parviennent à l’ouvrir, et libèrent Eugène.

Un doute plane sur le destin et l’identité des autres vampires emprisonnés, mais vu le danger qui demeure, Chet juge qu’il s’agirait d’un danger envers eux autant qu’envers les gardes. Le chemin vers les niveaux supérieurs se retrouve toutefois bloqué lorsque l’intrus lourdement armé tourne le coin menant aux escaliers, face aux vampires. La tension monte et les armes sont tenues en joue lorsque l’étranger parle, exigeant qu’ils baissent leurs armes. Michel reconnait la voix comme celle de l’homme l’ayant attaqué au Walkyrie’s plus tôt cet hiver. Les armes baissés, l’étranger bat en retraite grenades à la main, et laisse le passage libre à la Coterie.

Trainant aisément Eugène, les vampires font éruption dans le couloir principal menant au garage, et ensuite la sortie, alarme encore active. Ils font quelques mètres avant de voir Mastif, flanqué de deux gardes lourdement armés, tourner le coin et s’engager face à eux dans le large corridor. Les armes sortent, les deux partis s’immobilisent, et une conversation tendue débute.

La première évidence est que Mastif ne peut laisser les vampires s’échapper, mais ces derniers ont l’avantage des nombres; quand même, ils savent que le Hound est dévoué, et pourrait aisément mener quelques-uns d’entre eux à la Mort Finale. Sachant qu’une issue mutuellement bénéficiale est impossible, le pragmatique Mastif propose un compromis :

« Vous n’avez pas pu planifier cette opération seuls. Qui est derrière ceci? »

Les vampires hésitent longuement avant que Raoul, sans consulter ses amis, déclare :

« Le Patriarche Granger. »

Devant cette réponse, Mastif produit des griffes mortelles de ses doigts et égorge sans cérémonie ses deux accompagnants. Suivant cet acte de boucherie, il prononce calmement:

« Quittez. Rapidement. »

…se que la Coterie s’empressera de faire, mais non sans qu’Armand ne prenne le temps de cracher un dûr avertissement à son Sire, faisant état d’à quelle point il s’en fallu peu pour qu’il ouvre le feu sur son progéniteur.

XP: 6


Ouf. Ça, s’était une game intense. Le show-down de la fin aurait pu être autrement tellement plus brutal! Et vos découvertes étaient très respectables! Oui, il y avait des petits trésors de cachés par-ci par-là, mais c’était une mission de sauvetage, pas du D&D!

Secret: à chaque fois que vous échouiez un check de sécurité, je rajoutais un dé à un pool pour savoir si un NPC se pointait. Avant que l’alerte générale sonne, vous aviez accumulés 5 dés: entrée sous-sol avec caméra de la cage; monte-charge allez-retour; caméra dans le couloir; détecteur de mouvement au poste de garde nord – 2ième niveau, et ouverture du centre principal de sécurité. Je roulais ça toutes les 30 minutes. Vous avez eu UN (1) hit: le gars armé. Le seul autre hit après l’alarme (+5D) a été Mastif. CHANCEUX, ma gang de.

Si vous avez des questions, shoot: je répondrai en conséquence, surtout si vous voulez faire des suivi sur les indices que vous avez trouvés.

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...et tout change à nouveau (Discussion)
Où l'on manigance habilement, sans (trop) grande surprise

L’heure de discussion qui suit avec le Patriarche, Marshall Granger, s’avère des plus intéressantes. Celui-ci, de toute évidence une sorte de Goule, assure que sa famille demeure essentielle aux sphères économiques et politiques de Montréal, faisant en sorte que les Kindred viennent à dépendre d’eux. Il souhaite présenter ses plus grandes excuses pour Nigel, envers lequel il affiche une colère difficilement déguisée. Il avoue que sa descendance, de par l’effet même de tenter de garder leur lignée de sang aussi pûre que possible, produit quelquefois des spécimens moins équilibrés que d’autres, et que Nigel est un de ces exemples plus présentables que d’autres.

Granger s’occupe à sécuriser les actifs de Kindred pouvant se permettre ses services. Il investit également dans ces endroits qui puisse lui permettre de maintenir le capital d’une vie d’immortel à l’abri des fluctuations du monde commun. Toutefois, il a prit note des activités de la Coterie par rapport à une vieille vendetta qu’il maintient envers le Seigneur McIntyre et ses anciens alliés, Rosarien et Adrien. Il sait qu’il ne peut rivaliser avec Rosarien directement, et il ne veut pas perdre les acquis de ses clients au profit de celui-ci. Il souhaite sponsoriser Raoul et ses collègues en les incluant dans ses activités, mais exige un service de taille avant tout :

Ceux-ci devront s’infiltrer dans le Sanctuaire et libérer Eugène, l’Archévêque disparu du Lancea Sanctum.

Raoul est facilement convaincu; il s’agit là d’un magnifique pied-de-nez à Adrien O’Mallery, et une chance que le Lancea Sanctum survive la crise qui se prépare. Michel est initialement réticent, mais lorsque Granger lui révèle que Eugène, un Daeva, était secrètement le candidat de choix au Sénat avant sa disparition et remplacement par Mychoo, il se range du côté de Raoul. Armand sent le piège à plein nez : s’infiltrer dans une trappe à rat, pour avoir la chance de travailler et se faire utiliser par Granger? Difficile de lui vendre ceci. Mais considérant ce qui se cache dans le Sanctuaire, c’est une opportunité singulière. Et Chet, lui, ne croit aucunement en le bien-fondé de cette opération, mais se range du côté de ses amis. Après tout, ils auront besoin de quelqu’un pouvant les protéger.

Suivant leur accord, Granger affirme avoir toutes les ressources, financières et autres, nécessaire à leur mission, et que ses fonds leur sont disponibles. Suivant quelques questionnements, ils apprennent également que la rancœur du Patriarche envers McIntyre est dûe à une infraction impliquant « le plus vieux des mauvais sangs qu’il soit », un énoncé énigmatique qui ne laisse que plâner l’âge réel de leur sponsor, autrement d’apparence septuagénaire.

La Coterie s’interroge sur le comment accomplir leur mission lorsque l’évidence les frappe : ils détiennent toujours les plans bleus du Sanctuaire que le Nettoyeur Municipal avait subtilisé! Il ne leur suffit que de convaincre un autre Kindred, en ce cas-ci Tracks, à joindre leur folle mission, et le tout se met en branle…

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...et tout change à nouveau (Session #1)
Où l'on rencontre une famille bien singulière

Mai 2002

Raoul Sansregret est dans son Haven, et reçoit un anglophone en confession. Il se confesse d’avoir causé du tord à bien des gens, à sa famille, et à ses amis, mais il ne semble avoir aucun remords. C’est comme si le tout était machinal.

Il y a tellement de gens perturbés dans ce monde, mon Père… Tellement de mauvaises choses. Des choses qui ne sont pas de Dieu, qui ne sont pas divines… Qui ne sont pas dignes de Sa gloire. Vous savez, mon Patriarche, Marshall, il est bon, et il est fort, malgré son âge. Je suis ses directions même si elles me poussent à des choses terribles, parce qu’il faut croire en quelque chose de plus grand que nous, non? Certaines personnes méritent d’être blessées, mais je ne dérive aucune satisfaction de ceci. J’ai péché, et j’ai péché très lourdement en plus, mais il faut que certains d’entre nous se tiennent debout envers ce qui nous ronge en tant que société… Mais cela, vous savez ce que c’est… N’est-ce pas, mon Père?

Alors qu’il formule une réponse, Raoul reçoit un tir à bout portant, qui débouche en une poursuite effrénée. L’assaillant parvient à s’enfuir, mais sans que Raoul n’arrive à lui arracher son veston. Sagement, avec le contenu de ce dernier, Raoul fait appel à ses collègues pour tirer le tout au clair.

L’homme désaxé se nomme Nigel Pennington, selon le contenu de son portefeuille. Fortuné notaire dans la fin trentaine, éduqué de uOttawa et McGill et appartenant à une famille influente de Montréal, il habite Westmount et semble en tout respect irréprochable. Bernard, la Goule de Raoul, découvre également une enveloppe adressée à ce dernier dans une poche du veston, signée « G ». Celle-ci somme Raoul de se présenter à une adresse de Hampstead dans deux soirs. Intrigués à savoir pourquoi le messager voudrait également abattre le destinataire, les membres de la Coterie se joignent à Raoul, mais non sans faire les vérifications d’ordre envers Nigel… et non sans qu’Armand ne fasse des siennes envers la femme de ce dernier!

L’adresse d’Hampstead se révèle être un élégant manoir bien protégé par une petite équipe dévouée de sécurité. Confiants, les vampires décident de cesser les subterfuges et d’entrer par la porte d’en avant, ce qui est bien vu, avec exception notoire des bottes de Chet (malheureusement sans caoutchouc) sur le marbre lustré de la dame de ménage.

Scotch et cigares attendent nos vampires dans un salon de détente alors que l’hôte mystérieux termine un entretien précédent. L’ouïe nouvellement hypersensible de Michel, toutefois, lui dévoile les murmures des deux personnes à l’étage, et l’avise que l’entretien se déroule avec sa grande-Sire, Monica Schuller. Celle-ci se contente d’un clin d’œil envers son petit-Childe et de recevoir le baise-main de l’homme, qui se révèle ensuite être Marshall Granger, autrement connu aux Kindreds influents de Montréal sous le nom du “Patriarche”.

XP: 4(?)


Une game de bons moves, de découvertes, et une couple de bonne joke! Le Dominate sur la femme de Nigel, les cartes de (fausse) police, Raoul qui burn du Blood et est QUAND MÊME pas capable de rattraper Nigel, le metagaming de Monica qui humpe Michel, les pantoufles pour Chet… Good shit!

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Interlude - Raoul Sansregret - 2 février 2002

« Mon Père? »
Dans la crypte secrète de l’église, décorée et vouée au culte de Longinus, Raoul Sansregret se détourne de ses méditations tranquillement. Derrière lui, sur le seuil du portail, se tient son serviteur, le père Bernard, habillé d’un pantalon gris et d’une chemise à col romain. Son crâne sel-et-poivre qui se dégarni lentement n’arrive pas à éclipser ses yeux d’un bleu acier, fixés sur le vampire.
« J’aimerais tout d’abord vous remercier du don de votre précieux sang. Je sais à quel point votre personne est mise à l’épreuve afin de recueillir et resanctifier ce don perdu, et je suis honoré d’être digne de ce divin partage. »
Raoul se suffit de hocher de la tête. Bernard a beaucoup de potentiel. Il connait sa place.

« Je tenais à vous laisser savoir que j’ai obtenu des détails additionnels de ces documents dont M. West nous a partagé le contenu. J’ai continué à les parcourir à temps perdu, et j’ai eu un moment d’illumination suivant une rencontre avec mon évêque. »
– Continuez, Bernard, allez. Qu’avez-vous trouvé? » s’impatiente doucement Raoul.
– Un peu comme dans un évêché, plusieurs organisations sont reliées par des dons issus d’une source centrale. J’ai donc retracé certains montants au travers de sources externes, et j’ai découvert ceci. »
Bernard, hésitant, s’approche du Nosferatu et lui tend un document. Raoul le prend, le parcourt du regard, le dépose. « Qu’avez-vous trouvé, Bernard? » demande Raoul d’une voix nasillarde.
– Des fonds qui disparaissent sont réacheminés à Constant Praetor Services. Le siège social de l’entreprise est le long de l’autoroute transcanadienne.
– La firme de sécurité des agents qu’utilise Adrien O’Mallery, oui. Avez-vous plus d’informations sur celle-ci?
– Cette firme obtient beaucoup de contrats de sécurité du Département de la Défense Nationale. En retour, ces soldats qui se retrouvent sans emploi suivant leur décharge trouvent plus souvent qu’autrement un emploi auprès d’eux.
– Nous savions cela, Bernard » prononce Raoul d’un air irrité.
– Bien sûr. Mais ce que nous ne savions pas est qu’elle obtient secrètement des armements du gouvernement, et que ses employés jugés ‘inactifs’ se chiffrent à près de 600, et cela, uniquement dans la région métropolitaine.

Raoul se retrouve soudainement bouche bée. « Rosarien et Adrien se prépare… une armée? »
– Si l’on prend en ligne de compte les 150 employés actifs sur le terrain… nous pouvons croire que oui. »
– Mais encore?
– Un bon pourcentage de ces employés de réserve n’est pas très… recommandable. Des rejetés de l’armée, des victimes de la Guerre du Golfe, des criminels recyclés ou pardonnés. Ce sont des gens potentiellement dangereux, Maître.
– Et que dire de ces gens qui avaient été ciblés pour infiltrer le Temple? » questionne le Nosferatu.
– Certains apparaissent également dans ces registres contractuels.
– Contactez mes collègues, Bernard. Nous devons les aviser de ceci.

Sans perdre de temps, Raoul remonte les escaliers vers l’église, pour se diriger vers le presbytère. À mi-chemin, un lent et sordide applaudissement se fait entendre d’un banc d’église, à l’avant. Surpris, le Nosferatu se retourne pour découvrir, à son horreur, Adrien O’Mallery assis, les pieds en l’air sur le siège devant lui.

« Bravo, M. Sansregret. Bien joué. Ou devrais-je dire M. Sanscartier? »
– Que voulez-vous dire, Adrien? » questionne Raoul. « Et comment êtes-vous entré ici? »
– Ne m’insultez pas, Raoul. Mon Clan et le vôtre ont bien des choses en commun, notre affinité pour la dissimulation la première. Et ne sous-estimez pas notre différence d’âge. Je pourrais vous surprendre.
– Je n’en doute pas. Mais cela n’explique pas votre présence ici. Dois-je vous rappeler qu’il s’agit de mon Domaine?

Adrien O’Mallery se lève soudainement. Debout au pied de l’autel, il fixe Raoul du regard. L’image du Néonate surplombant l’Ancilla se voit trompeuse.
– Vous m’insultez encore, Raoul. Vous croyez que vous avez ce qu’il faut pour faire respecter ce Domaine? Que le Constable et les Hounds vous protègeront? Faites-moi rire.
– Vous parlez beaucoup mais dites peu, monsieur. Qu’est-ce qui me mérite cet acharnement? Sûrement vous avez autre chose à faire un soir comme celui-ci.
– Oh, mais bien sûr. Je voulais seulement voir si vous mettiez à profit les documents que vous avez obtenus du Nettoyeur Municipal. Votre serviteur a été efficace, de ce que j’ai entendu…
– Que planifiez-vous, Adrien?
– Je veux seulement que vous sachiez que nous vous avons à l’œil. McIntyre est une relique du passé, et les restants de son règne sont appelés à disparaître. Nos rangs grandissent, et comme vous le savez maintenant, nous avons les forces pour mener à bien toute éventualité.
– Et pour faire tuer vos dissidents, comme Sanscartier?
– Croyez-moi lorsque je vous dis que je n’ai jamais souhaité ceci » implore Adrien. « Des circonstances hors de notre contrôle ont menées à ceci. Nous ne voulons aucun mal à nos concitoyens.
– Difficile à croire lorsque vos forces de sécurité attaquent mes amis en plein quartier résidentiel.
– Parce que vous êtes prisés. Ce que vous voyez comme une attaque, ils interprètent comme un levier. Vous vous retrouvez dans une situation unique. Nous aimerions avoir votre allégeance, à vous quatre. Je sais que Rosarien paierait cher pour s’entretenir avec vous.

Raoul, perspicace, saisi une faille dans l’approche d’Adrien. Le manoir investi par les forces de sécurité… L’ordre de retracer le Nettoyeur Municipal… Voler les souvenirs d’Armand… Adrien ne semble pas autant en contrôle des plans de Rosarien qu’il ne semble le laisser paraître. Tentant le tout pour le tout, il s’avance :

« Cela peut s’arranger. Libérez Eugène de sa prison et livrez-le à l’Évêque Ganova, et nous pourrons en rediscuter. »

Impassibles, les deux Kindred passent de longues secondes à se dévisager. Finalement, Adrien O’Mallery prend la parole :
« Je suis désolé, M. Sansregret. Je ne peux pas faire cela. »
– Alors nous n’avons plus rien à nous dire ce soir, je crains » répond Raoul en tournant le dos à son interlocuteur.

Alors que Raoul s’éloigne vers l’accès à son presbytère, Adrien O’Mallery, outré, s’enflamme : « N’avez-vous aucun respect pour ce que nous tentons de faire? Pour votre religion? Pour votre liberté! McIntyre a tenu captif nos Kindred pendant des décennies! Je tente tant bien que mal de réhabiliter Eugène, et vous m’imposez ceci?! Mais qui croyez-vous être?! »

Sans broncher, Raoul répond du revers de la main :
« Bonsoir, M. O’Mallery. Vous savez où est la porte. »

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Interlud: Armand Brodeur - 17 janvier 2002

La nuit a été longue lorsqu’Armand revient chez lui. Les contacts se font rares après les Fêtes, et il faudra faire bouger ses amis dans la police pour trouver un bon petit magot. Au moins il en a assez dans les poches pour rester à l’abri, mais…

C’est à ce moment qu’il remarque une boîte déposée sur une table d’appoint, juste à côté du vieux fauteuil en cuir défraichi du salon. Armand regarde autour de lui furtivement, sa main agrippant par réflexe le métal froid de son revolver. Personne. Il s’approche et, avec hésitation, ouvre le couvercle de la boîte pour révéler la tête de Jeffrey Gariépy, bouche béante dans un sac de plastique transparent.

Impassible, Armand tend la main et se saisi de la note qui y est rattachée. Du coin de l’œil, il lit :
« …et ta chair meurt parce que tu te fous de tout sauf toi-même. »

Sans trop comprendre, le Gangrel reprend conscience de son environnement et entend le craquement d’une latte de bois dans sa cuisine; toujours la même, celle devant le frigo inutile. Sans hésiter, Armand lève son arme et lance un avertissement au même moment qu’une figure fait irruption. Un coup de feu retentit, l’arme est arrachée de la main d’Armand, et celui-ci se retrouve plaqué contre le mur.

« Pas mal. Tu m’as touché » lui dit Mastif.
– Qu’est-ce que c’est que ça? C’est quoi le rapport?!
– Ça, c’est encore un test que t’as échoué, » lui siffle son Sire.
– Test? De quoi tu parles? C’est quoi ça?
– Il est temps que tu comprennes ta place » prononce Mastif en serrant le cou d’Armand…
– Lâche-moi, prononce Armand, les yeux rivés dans ceux de son Sire.
Lentement, le Sénateur relâche sa progéniture, et Armand se jette sur son arme. Lorsque Mastif reprend ses sens, Armand est à une distance saine, son Sire en joue.

« Bien joué. T’as du cran de tenter une telle chose sur moi. Il y a peut-être de l’espoir pour toi… »
« C’est quoi ton problème? Dis-moi pourquoi tu as tué Sanscartier. J’pensais que t’étais de not’ bord! »

Le sombre Gangrel prend un moment pour se ressaisir et sans cérémonie, s’effondre dans le vieux fauteuil. Il agrippe ensuite le sac contenant la tête de Jeffrey Gariépy et l’assoit sur ses genoux. Le visage sans vie regarde de façon grotesque Armand, la bouche ouverte et ensanglantée.

« Chaque chose en son temps. On va commencer par le plus important : ce crétin-là » dit-il en signifiant Gariépy. « Tu sais pourquoi je t’ai choisi, mais que je t’ai pas encore réclamé? Tu étais une police corrompue, déchue, sans avenir, mais quand même capable de faire le sale boulot. J’ai tué la mère de cet insignifiant-là, et je l’ai ensuite enlevé, torturé et emprisonné pour que toi, tu puisses le retrouver et régler son cas. »
Armand, incrédule, crache à son Sire, « Mais t’es un ostie de malade! Pourquoi? »
« Parce que dans cette ville-ci, tout repose sur qui tu proviens, et qui tu engendres. Jeannine Durocher savait que Gariépy était ton petit-neveu. »

Le visage perplexe de l’ancien policier, braquant toujours son arme vers son interlocuteur, entraîne une réaction singulière de la part de l’homme noir. « Bon Dieu. Tu veux me dire que tu savais pas ça?! » déclare-t-il avant d’éclater de rire. La vue du taciturne Mastif poussant un tel son suffit à terroriser l’ancien policier.
« Ton frère aîné, Norbert, a eu une fille, Estelle. Son premier mariage était à un notaire de Rimouski, Pierre Gariépy. Jeffrey Gariépy était leur seul enfant. » Mastif prend un moment pour secouer la tête en désapprobation, et reprend son discours. « Durocher savait ça. J’ai volé les documents de son manoir avant qu’elle puisse utiliser ça contre toi, mais les Mekhet le savaient tous. Il fallait briser le lien. J’espérais que tu trouverais Jeffrey et lui réglerais son cas. Ça aurait fait mon affaire, tu aurais finalement été digne d’avoir ta place à mes côtés. Mais bon, ya une limite à ce qu’il pouvait endurer. Maintenant… Je sais pas. »

Avant qu’Armand puisse mettre son mot, Mastif se lève d’un seul bon, envoyant la tête rouler sur le plancher sale, et en remet : « Et puis en plus de ça, tu me demandes de te débarrasser d’un corps que t’as même pas tué toi-même?! Agent de Rosarien ou O’Mallery, je m’en fous; mais si t’as besoin de moi, fais en sorte que ça vaille la peine! Ça fait des années que j’attends que tu te fasses pousser des couilles, mais là ma patience a des limites! Assume ce que t’es, ou bien fait de quoi qui vaille la peine d’être reconnu, sinon le monde comme Hurtubise pourrait bien avoir raison de toi. »

Ignorant les questions de son Childe, Mastif se dirige vers la porte arrière, et se retournant une dernière fois, il martèle : « Je sais que chaque chose a sa place dans ce monde pourri, mais l’univers a aussi une façon de se débarrasser de ce qui est inutile. »

Sur ces derniers mots, Mastif quitte le repère d’Armand Brodeur, et le jeune Gangrel se retrouve seul avec ces révélations.

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Interlude: Michel "Magic" Tétrault - 12 janvier 2002

Rien ne pouvait laisser présager l’irruption de Sebastian Riley et de ses hommes. La soirée au Walkyrie’s était des plus normales suivant le Nouvel An lorsque son propriétaire déclara « Sortez tous! Everybody out! Il y a une descente dans l’Élysée. »
La surprise laisse place à l’incrédulité. « De quoi tu penses qu’on aille peur d’une descente? » ricane un Néonate. « On a nos cartes! » Une Coterie éclate de rire dans un coin, visiblement amusée par le spectacle.
Riley ne se laisse pas impressionner. « Il y a des médias et des journalistes! Ils sont accompagnés d’inspecteurs! Sortez par en arrière, vite! » La menace ne prend pas deux secondes avant de mettre l’assistance en motion. « Pas toi, Michel. J’ai besoin de ton aide pour les retarder. »

Le réputé MC, « Magic », avait l’habitude de collaborer avec le Gardien de l’Élysée. L’assistance du club, aux étages en-dessous, aimait ses prestations, et il savait qu’ils en redemandaient. Après tout, face aux charmes d’un Daeva, ils ne pouvaient faire autrement…
« Correct, mais on va s’en parler après, mon boy », dit Michel avant de se mettre en branle.

En bas, Michel prend le microphone et avec un « slick » naturel, entonne un refrain pratiqué :

« Bonsoir tout le monde! Bienvenue encore au Walkyrie’s, où c’est le Ladies’ Night, every night! On veut aussi souhaiter la bienvenue à nos membres du corps policier, ils vont faire une p’tite tournée parmi nous, souhaitez-leur la bonne année! The best beats, the best bass, même le SPVM en veut! Oh! Et si d’ici la fin de ce remix du hit Rhythm is a Dancer, une jolie lady me ramène une press pass, elle se méritera une chic et délicieuse bouteille de champagne Brutus! »

Amplifié par ses charmes vampiriques, la foule entre en délire. Les hommes hurlent leurs encouragements, les filles accourent, et très rapidement, une passe média atterrit dans les mains de Michel : Dominic Montalban.
Sous une pluie de champagne et une fureur teinté d’hormones, un homme blond se fraie difficilement un chemin au travers la foule vers « Magic ».
« Pardon, est-ce que je peux ravoir ma passe? C’est assez dûr de faire ma job sans ça. »
For sure, mon gars… M. Montalban, c’est ça?
– Oui! Vous êtes Michel Tétrault, pas vrai?
In the flesh » répond le Daeva.
Sans perdre un moment, le journaliste sort un enregistreur portatif et demande, “M. Tétrault, Dominic Montalban, La Presse. Est-ce que vous pouvez commenter sur les allégations de malversation et de corruption dont fait objet les propriétaires de ce club? »
– Euh… Quoi?
– Il y a maintenant une semaine que des enquêtes ont révélés que des habitués VIP de ce club ont obtenus des droits privilégiés sur l’obtention de contrats lucratifs variés au travers la province. Vous savez sûrement de qui je parle?
– Désolé, j’ai aucun commentaire à faire…
– Vous êtes un contractuel ou un employé régulier du Walkyrie’s, M. Tétrault?
– Aucun commentaire!

Prit au dépourvu dans une foule suffocante, Michel sent sa Bête voulant voler sa raison, et retraite vers les toilettes. Il s’assoit un moment parmi les clubbers mineurs qui cherchent en vain une issue, et se ressaisi juste à temps pour répondre aux questions anodines des policiers faisant éruption. Libre de circuler, Michel remonte au deuxième étage, surveillant de proche l’accès VIP à l’Élysée, au troisième étage. Alors que les enquêteurs amorcent leurs recherches auprès de Michel, son cellulaire vibre.

« Allo? »
– Sors de là, vite! Il y a quelqu’un qui te chasse » avertit la voix de Tracks. « Passe par en arrière. »

Curieux, Michel regarde autour de lui, cherchant à trouver la personne en question. En dépit du club qui se vide tranquillement, le Daeva n’arrive pas à cibler qui serait à ses trousses… et son frère de sang n’est pas exactement le plus fiable…

« Té rendu où?! Bouge, calvaire! » lui rappelle Tracks.
Michel, hésitant, décide de passer par la sortie du troisième étage. La pièce luxueuse maintenant désertée, il traverse le plancher principal, tourne à droite vers le corridor d’accès, et court vers la sortie de sécurité lorsqu’une flamme aveuglante éclate devant ses yeux.

« AHHH!! » s’écrie-t-il par peur en se jetant par terre. La Bête éclate en lui, lui ordonnant de courir le plus loin possible. Maitrisant sa crainte de justesse, il se retourne pour voir un humain imposant de race blanche habillé d’un épais manteau et de lunettes polaires lui bloquant l’étroit chemin. Tenant dans sa main gauche une mèche au magnésium, et dans sa main droite un menaçant couteau de combat, il s’avance vers Michel d’un pas déterminé.

« Un de moins, enfin » dit-il en attaquant Michel. Le Daeva, au dépourvu, esquive les premières attaques du mieux qu’il peut, mais malgré la vitesse que son sang lui procure, son assaillant est très bien entrainé. Quelques échanges plus tard, Michel se retrouve grièvement blessé d’un coup de maître assené au travers des côtes sous son bras droit. Le Daeva tombe sur un de ses genoux, et se prépare à esquiver un autre coup lorsque l’homme vole dans les airs au-delà de Michel, de l’autre côté du couloir. Par-dessus l’homme sonné au sol, Tracks se relève du placage surhumain qu’il lui a infligé et se dirige rapidement vers Michel, l’aidant à ses pieds.

« Accroche-toi bien, ça va brasser » avertit le jeune Daeva en soulevant Michel dans ses bras, et soudainement les deux se retrouvent dans les airs, en train de sauter au-dessus de l’édifice voisin jusqu’à la ruelle plus loin. Sans cérémonie, les deux frères de Sang atterrissent lourdement, mais sain et sauf, dans un conteneur à ordures ouvert, loin de portée du chasseur.
« WOOO! Ça, c’est un trip! » s’exclame Tracks. « Té-tu correct? »
Michel est visiblement perturbé. « Ça va aller, faut juste me donner une minute. Tu peux-tu faire attention la prochaine fois? »
« J’ai fait exactement ce que j’avais prévu de faire. Tsé, t’as tes skills, j’ai les miennes. Mais on devrait se splitter astheure, c’est pas safe icitte. Je reste dans un des condos de Mylena ces jours-ci, faque qu’on va se revoir bientôt. »
– Comment as-tu su que quelqu’un était là? J’ai pas l’impression qu’il me cherchait moi! » demande Michel.
– Je peux pas t’en parler, c’est trop compliqué. Mais Gratien Laporte va vouloir te parler, à toi et Riley. Ah, pis ditch ton cell, comme j’ai fait; je pense que le monde de Rosarien les surveillent. Stay in touch! »

Avant même de pouvoir rajouter un mot, Tracks s’empresse de déguerpir, laissant Michel retourner à sa voiture et quitter les lieux.

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