Montréal: Ascendance

Épilogue #1 - la suite des événements de Ville-Mont-Royal

Au sein des Kindred, personne n'est un héros

“Le Domaine a besoin de savoir ce qui s’est passé, messieurs. Complétez notre vision des événements. »
Devant ces paroles de Roland Riopelle, le quatuor se permet un moment d’hésitation. Oui, le Prince est Nosfératu, et ces derniers ont été instrumentaux pour prévenir l’arrivée d’Évangéline… mais qu’est-ce que Roland, lui, faisait durant ce temps?
« Adrien O’Mallery, Rosarien, McIntyre, Recupero, Mastif et Black Magdalene ont été tués. Évangéline et Blackburn sont disparus. Pis Meyrhun… c’est compliqué. » Le Gangrel Armand Brodeur s’avoue peu certain de ses paroles.
Michel prend l’opportunité. « Ce que mon ami veut dire, c’est qu’après avoir empêché Meyrhun de faire…. quoi que ce soit qu’il voulait faire avec Ville Mont-Royal, nous l’avons retracé dans une église avoisinante. Il cherchait de nouveaux humains à subjuguer pour se défendre, mais Black Magdalene a eu l’initiative d’aller effrayer tout ceux qui n’avait pas été trouvés ou évacués par la police – et il semblerait qu’il y en avait plus que l’on pensait. »
- C’est pas surprenant, avec le peu de temps que l’on a eu pour organiser tout ça, » Chet ajoute avec un ton énervé.
- Clairement, » Michel continue, « elle savait que les policiers qu’elle a pu recruter ne pouvaient pas tout clairer. Mastif lui a fait payer le prix ultime pour avoir tenté d’arrêter Meyrhun. »
Le Prince de Montréal ravale alors un commentaire, et fait signe aux vampires de continuer.
« Nous avions au préalable trouvé les traces mystérieuses laissées par cette… chose, » dit Raoul d’un ton nasillard habituel, « qui nous a permis, à mes collègues du Lancea Sanctum et moi-même, de stopper la créature… après avoir réglé le compte de Mastif, bien sûr. »
Roland acquiesce l’énoncé de Raoul d’un hochement de la tête. Il n’était pas inconnu que Mastif, dans son impétuosité, s’était rendu lui-même un ennemi du Domaine. Ses actions récentes, dévoilées comme étant pûrement égoïstes, mettaient en péril tous les fidèles du Prince.
« Détruire Meyrhun nous a permis de dévoiler sa réelle nature. Il s’en est fallu de peu pour que l’endroit survive. La… chose… était faite d’un feu sans fin, qui aurait pu facilement détruire tout Kindred avec lequel elle entrerait en contact avec. »
- Qu’avez-vous fait pour vous assurer qu’elle soit éradiquée, M. Sansregret? »
- Nous nous sommes rendus compte qu’incanter la portion de son nom que nous avions découvert nous permettait de l’immobiliser. La magie du Lancea Sanctum, par la suite, en est venu à bout. »
Devant le regard inquisiteur du Prince, Chet senti bon de renforcir la déclaration de son collègue :
- De justesse, à part de ça.

  • * *

Jeannine n’hésite pas à mettre au défi le récit d’Armand. « Pensez-vous réellement qu’il y a cru? »
En sûreté dans leur repaire autrefois des plus secrets, la Coterie et leurs alliés les plus proches – Anton Edwardson, Diane Rothschild, Jeannine Durocher et Eugène Brubaker, discutent de leur vécu. Ces Kindreds, auparavant disparates, se sont vu forcés de se rallier l’un à l’autre pour parvenir à achever une créature d’outre-monde – et d’outre-tombe – avant que celle-ci n’infecte une ville entière.
Lorsque le corps de Robert Meyrhun fût achevé, la réelle créature se manifesta : d’une forme humanoïde, formée de tisons brûlants, et entonnant des versets dans une langue inconnue, elle se prouva pratiquement invincible. Elle aurait pu facilement éliminer tous les Kindred sur place d’un conflagration, jusqu’à ce que le savoir-faire mystique du Lancea Sanctum, et les pouvoirs extraordinaires de la lignée de sang de Diane ne soient mis à contribution.
Il est vrai que le Vrai Nom de la créature permit à Raoul et à tout autre Kindred suffisamment doué de limiter ses actions; mais personne sur place ne pouvait parvenir à l’achever. Quelques minutes de tentatives s’écoulèrent lorsque la Chose s’évapora en un long hurlement, vraisemblablement incapable de maintenir sa forme.
Toutefois, les Kindreds qui fûrent témoins de cet événement prirent position de ne pas le révéler au Domaine.
Michel, avec toute son assurance, confronta de front la question de Jeannine :
- Non. Aucunement. Il n’était pas là, alors il n’a aucune raison de nous croire. Il a suffisamment de ses sujets qui y étaient pour corroborer ce qui se passait dans le ciel de Ville-Mo.
- Tout le monde sait à quel point nous étions opposés à ce qui se passait dans la ville » Chet rajoute, « mais personne ne savait quoi faire avec Meyrhun, et même Eugène n’a jamais été capable de l’emprisonner de façon permanente.
- Que planifiez-vous faire alors? » demande Diane
Les vampires rassemblés sur place se fixent longuement, jusqu’à ce qu’Eugène brise le silence.
« Le Lancea Sanctum va acquérir les droits sur cette église, et M. Sansregret sera en charge de sa supervision – et non pas Nikita. Nous pourrions y établir une étude permanente, et s’assurer de sa sûreté. Après tout, avec McIntyre et Rosarien tous deux morts, Ville Mont-Royal devient ouvert à tous – et avec votre aide, nous allons saisir cette chance. »
Anton, de son côté, souligne une situation plus urgente :
« Votre Prince va vous garder à l’œil avec les Nosferatus qui lui sont loyaux. Vous devrez lui fermer la gueule rapidement. The secret’s safe with me, but I’m out of here. »

  • * *

Une semaine suivant ce que les Kindreds de la ville commencèrent à appeler « le cataclysme », une Kindred inconnue se présenta au Sanctuaire de la Coterie, traînant un paquet volumineux. D’une stature diminutive, l’enfant, réellement, se voit clairement comme étant une Childe Nosfératu. Elle sortit une enveloppe scellée de son manteau, et la montra à ses interlocuteurs.
« Ma Sire m’a dit de venir vous voir. C’est qui Armand Brodeur? Lit ça. »
Hésitant, Armand avance, et lui lance un « té qui, toi? » des plus typiques. La Kindred, stoïque, laisse tomber l’enveloppe à ses pieds après avoir franchit le seuil de la porte avec son paquet.
Armand se force à ouvrir l’enveloppe, et lit son contenu :
M. Brodeur,
Si vous lisez ceci, alors je dois convenir que ma dépouille n’aura pas été retrouvée dernièrement, ou pire, que j’aurai subit la Mort Finale. Ceci m’est désolant, mais je n’ai aucun regret. Toutefois, j’ai tout de même des obligations à remplir.
La personne qui vous présente cette missive est ma petite-fille biologique, Amanda. Celle-ci n’est pas responsable de sa condition, bien évidemment – je le suis. Je me suis occupé d’elle au fil des années, lorsque je lui ai offert le Requiem plutôt que de la laisser mourir de sa leucémie.
Si je suis manquante à l’appel, je ne puis lui permettre de demeurer ici. Ne croyez pas qu’elle soit réellement de son âge physique : elle est forte, vicieuse, et sournoise, mais ne connait personne localement. C’est pourquoi je vous demande de l’aider à quitter Montréal.
En guise de paiement, je vous offre deux choses. En premier lieu, la deuxième page de cette lettre vous offre une liste de noms de gens bien placés au sein de l’administration locale, et sympathiques à nos intérêts. Deuxièmement, je lui ai demandé de vous restituer le journal du Requiem de McIntyre, que j’ai subtilisé à Roland Riopelle. Je suis persuadée que sa lecture détaillée vous donnera amplement d’information sur les dernières pensées du Seigneur avant son sommeil.
Vous pouvez parfois être un sâle bâtard, mais je préfère largement faire affaire avec vous qu’avec un putain de Ventrue ou un malhonnête Mekhet.
- Black Magdalene
P.S. Je ne saurais deviner vos ambitions à partir de maintenant, mais si j’étais vous, je verrais à savoir si le fait d’avoir ignoré l’information contenue dans ces tomes serait gage de négligence de la part de Riopelle.
-BM
« …euh… Ouin! » Armand demeure bouche bée, alors que la Kindred prend parole :
« Enwèye, déguedine, le cave. On bouge, ou bien on prend racine? »

À suivre…

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Armand reste encore quelques instants de plus, abasourdi, incertain de s’il s’agit d’un cadeau d’outre-tombe de Magdalene ou de son ultime vengeance. Puis, un sourire réprimé fait courber à peine le coin de sa bouche, avant de reprendre l’air le plus sérieux du monde.

“Oui, m’dam. J’ai ma tournée à faire de toute manière.” Il se lève, prend son trench coat (un trench coat d’excellente qualité – qu’il a pris soin de faire nettoyer), son .38 special police, et se dirige vers la porte.

“… j’imagine pas que tu veux faire la run avec moi?”. Il sort, laissant la porte ouverte.

ChrisMajor ChrisMajor

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